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Affaire CNaPS – Raoul Rabekoto arrêté au Bénin

Le président de la FMF a été mandaté par la FIFA pour une mission au Bénin.

Dans le cadre d’une mission mandatée par la FIFA, Raoul Rabekoto a été appréhendé au Bénin. Une demande d’extradition a été envoyée par la justice malgache.

Fin de cavale pour Raoul Rabekoto. Tel pourrait être le point de vue d’une partie de l’opinion publique et des autorités judiciaires face aux dernières informations concernant l’ancien directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNaPS), et président de la Fédération malgache de football (FMF).

L’ancien homme fort de la CNaPS a été arrêté au Bénin. Une information confirmée par Solofohery Razafindrakoto, procureur du second degré du Pôle anti-corruption (PAC), d’An­ta­nanarivo. Selon ses explications, les faits se sont déroulés vendredi.

Si certaines voix parlent d’une arrestation faite par Interpol, le procureur Razafindrakoto concède cependant ne pas avoir des informations exactes sur l’entité qui aurait appréhendé le président en exercice de la FMF. «

En tout cas, une demande d’extradition a été envoyée aux autorités béninoises dès le lendemain de l’arrestation, soit samedi », a ajouté le procureur Razafindrakoto. L’acte a été émis par le PAC d’An­tananarivo, en tant que juridiction référente en charge du dossier concernant Raoul Rabekoto. Ce dernier a, en effet, été reconnu coupable par la Cour criminelle du Pôle anti-corruption dans l’affaire de détournement de deniers publics à la CNaPS.

Il est ainsi sous la coupe d’une condamnation à dix ans de travaux forcés, assortie, entre autres, d’une amende de 500 millions d’ariary.

Il s’agit, cependant, d’une condamnation par contumace, puisque le boss de la FMF n’était pas présent durant le procès et lors du prononcé du jugement. L’affaire de malversations financières à la CNaPS a été révélée au public, au début de l’année 2020. Après les investigations du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), le dossier a été pris en main par le PAC d’Antananarivo, en février de la même année.

Bien qu’étant sous la coupe d’une interdiction de sortie du territoire, Raoul Rabekoto, se jouant des autorités, avait tout de même pu quitter le pays pour rejoindre l’Europe.

Accord de coopération judiciaire

L’ancien directeur général de la CNaPS se serait installé en Suisse. Le pays n’a pas d’accord de coopération judiciaire avec Mada­gascar. Un mandat d’arrêt international avait été lancé à son encontre, mais en vain. Bien que considéré par les autorités malgaches comme fugitif, l’ancien directeur général de la CNaPS a continué d’exercer, à distance, une partie de ses attributions en tant que président de la FMF.

Raoul Rabekoto a, par exemple, effectué plusieurs missions de représentation, ou a pris part à des réunions de hauts responsables du football, notamment, en Afrique. Des déplacements hors de l’Europe lors desquels il n’a pas été inquiété.

En tout cas, jusqu’à vendredi. Raoul Rabekoto aurait, également, été mandaté par la Fédération internationale de football (FIFA), pour jouer le rôle de médiateur afin de régler les disputes au sein de certaines fédérations africaines. Ce serait, justement, dans le cadre de ce type de mission qu’il a été arrêté au Bénin.

Des indiscrétions chuchotent que le patron de la FMF était au Bénin pour apaiser la tension administrative suite au match de qualification pour les barrages du mondial 2022, entre l’équipe nationale de ce pays et celle du Congo. La fédération béninoise a fait une requête auprès de la FIFA pour une disqualification du Congo, à cause d’une entorse au règlement sur les remplacements que l’équipe congolaise aurait fait durant le dernier match opposant les deux formations. Une demande rejetée par la Fédération internationale.

Raoul Rabekoto avait vraisemblablement pour mission d’apaiser les humeurs béninoises. Seulement, la situation s’est retournée contre lui, puisque le mandat d’arrêt international à son encontre a été suivi d’acte. Jusqu’alors, il n’y a pas d’information indiquant si le président de la FMF est en détention, ou non.

Depuis vendredi, il n’aurait plus été joignable. Du côté malgache, le PAC attend toujours la réponse à la demande d’extradition. Il n’y a cependant pas d’accord de coopération judiciaire entre Madagascar et le Bénin.

« Le fait qu’il y a eu l’arrestation indique que l’autorité ou l’entité qui l’a faite, a de la considération pour la procédure judiciaire en cours chez nous, la décision qui a été rendue et le mandat d’arrêt international que nous avons lancé », réplique le procureur du second degré du PAC, pour dire qu’il pense qu’il y a une chance pour que la demande d’extradition envoyée samedi obtienne une réponse favorable de la part des autorités béninoises.

Jean Ravelonarivo, ancien Premier ministre, également condamné par défaut dans l’affaire de malversations financières à la CNaPS, lui aussi, a quitté le pays. Une affaire de fuite à l’étranger qui incommode la justice et les autorités.

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