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Secteur extractif – Bras de fer entre la société APC et les employés de Kraoma

les  camions  destinés  à  transporter  le  chrome à  Toamasina,  toujours  bloqués  à  Brieville.

La situation à Brieville continue de s’empêtrer, les employés se désolent des onze mois de suspension d’activités.

Grogne grandissant chez les employés de Kraoma. Ces derniers tentent, depuis quelques jours, de mettre des bâtons dans les roues des poids lourds de la société APC. Ces poids lourds chargés de transporter le chrome produit à Brieville vers Toamasina ne peuvent ainsi pas accomplir leurs tâches.

« À la base, la société APC Drilling est un simple prestataire de notre société. Elle avait pour mission d’assurer les sondages et forages pour le compte de Kraoma pour se voir acquérir, plus tard, des permis miniers dans la zone chromifère d’Andria­mena. Cette société est devenue, au fil des années, une société de transport et un sous-traitant de Kraomita Malagasy S.A., transportant des minerais venant directement des mines. En parallèle, Kraoma est encore en suspension d’activité. D’où notre contestation » s’insurge un des représentants des employés de Kraoma souhaitant garder l’anonymat.

Dans un contexte où le gel des permis miniers est encore effectif, le prestataire de Kraoma a ainsi pu obtenir le fameux sésame pour continuer ses activités malgré que la société mère tombe de plus en plus dans le déclin. Prospère jusqu’au début des années 2000, la société Kraoma se trouve dans l’impasse aujourd’hui. Un trésor qui ne demande qu’à être exploité et bien géré.

Exportation empruntée

Une bonne gestion qui peine toujours à se mettre en place jusqu’à aujourd’hui. À l’image du partenariat inabouti entamé avec la société russe Ferrum Mining qui est partie à l’anglaise l’année dernière. Avec quatre sites à son actif, Bemanevika , Anempitra, Andriamena et Befandriana dont les réserves sont estimées à des dizaines de millions de tonnes, Kraoma à elle seule peut être un levier de l’économie et du développement.

Au mois d’octobre 2018, un second contrat appelé « contrat d’amodiation » avait été signé sur les permis d’exploitation de Kraoma S.A. L’amodiation consiste en un louage pour une durée fixe ou indéterminée, sans faculté de sous-louage, de tout ou partie des droits attachés à un droit minier ou une autorisation de carrières.

Ce contrat impliquait alors que Kraoma S.A. devait cesser toute exploitation dans les périmètres indiqués par ces permis où, pourtant, se trouvent les trois grands gisements de chromite de Madagascar. Ce, pour laisser la place à la Société Russe, la Kraoma Mining SARL. Pour le moment, les exploitations plafonnent à près de 30% des réserves disponibles sur ces quelques sites à potentiel.

La société APC Drilling, du côté d’Andriamena, arrive ainsi à maintenir ses activités d’exploitation. Cependant, pour ce qui est de la phase d’exportation, elle se retrouve face à un bloc. L’ensemble des employés de Kraoma estime que APC n’est pas en droit de maintenir ses activités si la société qui l’emploie, elle-même, est en déclin et en suspension d’activité depuis plus d’un an.

« D’ailleurs de quelle manière cette société a pu obtenir une autorisation d’exportation au nom de Kraoma?» s’interrogent ces représentants des employés de Kraoma.

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