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Approvisionnement – La sécheresse menace presque tout le pays

Les fleuves et les lacs sont à sec.

Des difficultés d’approvisionnement en eau potable sont constatées dans les quatre coins de l’île. Elles sont causées par le déficit pluviométrique.

La pénurie d’eau frappe presque tout Madagas­car et pas seulement le Sud de l’île. Le ministère de l’Environnement et du développement durable a averti, lundi, que si la pluie ne tombe pas dans les prochains jours, la coupure d’eau sera inévitable pour Fianarantsoa.

Le lac qui assure l’appro­visionnement en eau potable dans cette zone tarit. À Ambato Boeny, les habitants sont contraints d’utiliser l’eau des fleuves de Betsiboka et de Kamoro. « La Jirama ne produit pas assez d’eau. Ambato Boeny a besoin de 24 m3 d’eau par heure, mais à peine si les forages arrivent à en produire 5 m3 par heure », lance le maire de la commune urbaine d’Ambato Boeny, Jean Valérien Rakotondrasoa. Dans la région Anala­manga, des clients de la Jirama n’ont pas vu une goutte d’eau sortir de leur robinet, depuis plusieurs jours. C’est le cas, notamment, des quartiers au Sud d’Antananarivo, comme à Itaosy ou à Ambohimamory.

Le tarissement des ressources d’eau sévit dans plusieurs régions, à savoir, Matsiatra Ambony, Boeny, Betsiboka, Itasy, et Anala­-manga, selon les informations partagées par le ministère de l’Eau, de l’hygiène et de l’assainissement. Le niveau du lac de Mantasoa serait, également, très bas.

Pluies provoquées

Les clients de la Jirama ne sont pas les seuls à en souffrir. Les paysans sont en difficulté. « Le déficit pluviométrique a asséché les cultures», rapporte le député de Manandriana, Fano­me­zantsoa Andrianjanahary. « L’année culturale 2020-2021 devrait commencer en ce mois de novembre, mais le manque de pluie a obligé les paysans à reporter la mise en terre des semences. Ils sont inquiets », signale une source dans la région Boeny. Ils réclament la provocation de la pluie.

Les pluies provoquées ne sont pas réalisables, pour cette semaine. « Les conditions ne sont pas favorables. Ces conditions devraient s’améliorer la semaine prochaine lors de laquelle, on pourrait attendre, également, des précipitations », souligne Rivo Randrianarison, technicien en météo.

La nappe phréatique et l’eau de surface atteignent leur niveau le plus bas de l’année, en cette période. La déforestation et la réduction du temps de précipitations favoriseraient ce tarissement des ressources d’eau. « La pluie ne tombe qu’au mois de décembre et se termine en mars, si la saison pluvieuse devrait durer de novembre en avril. Le temps d’infiltration se raccourcit. La déforestation ne fait qu’accentuer ce problème d’infiltration. L’eau de pluie ne fait que ruisseler au lieu de s’infiltrer », explique Herinjanahary Ralaiarinoro, chef de service de l’hydrologie de la direction générale de la Météorologie.

En attendant le bon vouloir de dame nature, le ministère de l’Eau, de l’hygiène et de l’assainissement a mis en œuvre des solutions techniques à Fianarantsoa où il y a urgence. Cinq motopompes y sont installées. D’autres entités publiques et privées conjuguent leurs efforts dans une grande action d’urgence: purification d’eau par la société Bionex, approvisionnement en eau avec des citernes d’eau par la Jirama.

Pour Antananarivo, les citernes d’eau au niveau des fokontany ainsi que leur approvisionnement seront augmentées. Des activités d’augmentation de la production de Mandroseza seraient effectives, ce qui permettrait d’augmenter de plus de 1000 m3 par heure, les productions. Qu’en est-il des solutions à long terme, face à ce problème récurrent qui est renforcé par le changement climatique ? Mada­gascar pourrait suivre l’exem­ple des Seychelles, de La Réunion ou de Maurice qui produisent de l’eau potable, à partir du dessalement de l’eau de mer.

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