Accueil » Editorial » Frontières virtuelles
Editorial

Frontières virtuelles

Une traversée vers Mayotte à bord d’un boutre puis la France à bord d’un avion. Le parcours est classique. Frappées d’interdiction de sortie du territoire, recherchées ou condamnées par le tribunal, des personnalités ont décidé de quitter le pays moyennant ce chemin. Il semble qu’elles n’ont jamais été inquiétées ni au départ ni à l’arrivée à Mayotte contrairement aux migrants clandestins qui rêvent de l’eldorado mahorais et qui se font re foule r à tous les coups. Il y a bien évidemment anguille sous roche.

Quelqu’un qui a été condamné pour détournement de fonds par le Pôle anti-corruption il y a un mois et dont la presse en a fait un large écho ne peut pas passer inaperçu. Qui plus est un ancien Premier ministre même s’il n’est pas le seul et qu’ils étaient plutôt nombreux de 2009 à 2018. Comme certains anciens premiers ministres se sont également fait connaître dans des histoires de détournement de fonds, les responsables auraient été certainement induits en erreur.

On s’étonne d’ailleurs du fait que depuis le verdict, on n’a jamais cherché à appliquer la peine. Autant on s’empressait à déloger son co-accusé Raoul Arizaka Rabekoto, condamné à dix ans de travaux forcés dans la même affaire et exilé en Suisse, de la présidence de la FMF, autant on semble se désintéresser totalement du cas de l’ancien Premier ministre qui n’avait aucun rôle dans le football. Ceci explique peut-être cela.

Cette nouvelle évasion au vu et au su de tout le monde montre si besoin est la porosité de nos frontières et l’inefficacité de la prétendue surveillance du territoire. Aussi bien les aéroports que les côtes sont complètement perméables. L’or, les pierres précieuses et les devises continuent de sortir en masse dans les aéroports malgré la suspension de l’exploitation et de la commercialisation. À ce rythme, on aura beau lutter contre les trafics en tous genres, ce sera peine perdue. Même le trafic humain peut trouver place au soleil dans cette situation inquiétante.

Il est plus qu’urgent de renforcer la surveillance des côtes. Il y va de la protection des richesses nationales. Il est clair que les fugitifs ont emporté leur butin avec eux alors que l’amende qui leur a été infligée par le tribunal est nettement en dessous du montant détourné.

C’est à cause de cette défaillance que le bois de rose a pu quitter le pays en toute tranquillité de 2009 à 2014. Il va sans dire que la corruption tient une place prépondérante dans ce trafic. À chaque étape du contrôle il y a un coupable. Le réseau est ainsi très vaste. Traquer les trafiquants et les candidats à la migration n’est pas une mince affaire étant donné qu’il est impossible de tracer les limites d’une ligne frontalière virtuelle et amovible.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter