Texto de Ravel

De la théorie du salon

C’est donc du salon que nous allons essayer de réfléchir sur la théorie du salon. Pour ceux qui ne sont pas très réseaux sociaux, il est temps de vous y mettre car visiblement les affaires sérieuses du pays se passent dans ce monde invisible. Une bataille est en train de se passer sur la toile malgache sur la théorie du salon. Pour résumer les faits, une grande dame toute puissante a traité certains vaillants crieurs sur facebook « d’activistes de salon ». Essayons donc, le temps d’un texto, d’analyser le « salonisme » ou l’activisme de salon.

De notre salon très confortable, nous vous invitons tout d’abord à chercher sur le très riche site web du journal l’Express de Madagascar plusieurs textos de Ravel qui parlaient du « slacktivisme ». Il vous permettra de comprendre le contexte de l’activisme de salon, des toilettes, des bus et des bureaux en vigueur autant dans le monde qu’à Madagascar. Pour l’heure, essayons de brosser la situation qui prévaut au pays pour que ce terme « activiste de salon » soit de nouveau dans la bouche des uns et des autres. Précisons que ce n’est point la première fois (et ce ne sera pas la dernière) que certaines personnes l’utilisent.

Les faits : la liste des « pas de… ». Pas d’eau depuis quelques mois. L’eau courante n’est pas courante et on n’est pas au courant pourquoi la facture de la Jirama ne cesse de grimper comme un singe dans les arbres. Quand l’eau qui n’est pas courante daigne couler, elle est de couleur chocolat. Pas d’électricité et pourtant, le singe de facture grimpe toujours aussi rapidement dans les arbres. Pas d’essence ou plutôt « surconsommation » de carburant pour ne pas brusquer les esprits. Comme si d’un coup, tout le monde avait une envie folle d’essence et ne peuvent pas s’arrêter d’en consommer. Bah, désormais, il faut mettre sur les stations « À consommer avec beaucoup de modération ». Pas de rizières car les tracteurs et les gros engins, les grosses godasses vont venir pour développer ces petits paysans qui ont intérêt à tenir bon car le reste de la population est déjà en train d’oublier leurs existences. Pas de « Glorieuses » car « ici, c’est La France » et que visiblement, cela n’indigne que très peu d’âmes nationalistes. Pas de forêt puisque, dans la plus grande indifférence, nos réserves naturelles sont mises à sac.
Autres faits : la liste des « beaucoup de… ». Pour « solutionner » la situation catastrophique que nous vivons, il y a beaucoup de bidons jaunes contre les coupures d’eaux. Beaucoup de bougies contre les coupures d’électricité, beaucoup de fils d’attente ici et là pour soulager la pénurie…oups…la « surconsommation » d’essence. Beaucoup de théories pour expliquer que géologiquement, la France a des presqu’îles qui sortent à côté d’une ancienne colonie. Oh comme Dieu est grand et que la science n’est pas encore à la hauteur pour démontrer la tectonique des plaques et la géologie marine.

La théorie du salon tend à être vérifiée car tout porte à croire que les conditions normales pour se lever de son salon et aller réclamer la « normalité de la vie » sont réunies. Pourtant, mises à part les cacophonies facebookiennes, personne n’ose aller physiquement s’engager. Cette réflexion fait surgir d’autres théories à vérifier dans un futur proche. Jusqu’où la résilience du malgache peut-elle aller ? Quel est le point de rupture pour passer du salon à la rue ? Une fois le stade « salonisme » dépassé, ceux qui traitent les gens d’activiste de salon sauront-ils jouer le jeu démocratique des réclamations directes ? Les deux parties sauront-elles le jeu des manifes­tations non violentes ?

« La vie est un choix qui ressemble souvent à un compromis. Pourquoi faire de sa vie un compromis ? » (Smockey, Rappeur Burkina Faso). De notre salon confortable, observons.

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