La Réunion - La forêt semi-sèche regagne du terrain


Lorsque l’homme pose pour la première fois le pied sur l’île de La Réunion, la forêt semi-sèche a couvert, entre 150 et 800 m d’altitude sur la côte sous le vent entre Saint-Denis et Saint-Pierre par l’Ouest, 56 800 ha. Aujourd’hui, il ne reste que 1% de la surface originelle dont 255 ha sur le site de la Grande-Chaloupe, l’autre station importante se trouvant dans Mafate au cœur du Bras-des-Merles. Le Conservatoire botanique de Mascarin y a recensé 455 espèces dont 55 déterminantes pour leur valeur patrimoniale. Dans le cadre de son outil financier «Life +» biodiversité, l’Union européenne a financé en novembre 2008 un grand projet de restauration de ce type de forêt à la Grande-Chaloupe, à hauteur de 2,6 millions d’euros sur cinq ans. (…) Il s’agissait de restaurer et de protéger durablement 30 hectares répartis en dix parcelles, mais aussi de recréer entièrement le milieu originel sur une parcelle d’un seul tenant de 9 ha sur le plateau dominant la Grande-Chaloupe côté Possession, en luttant contre les espèces exotiques envahissantes et en réintroduisant 100 000 arbres indigènes dans leur milieu d’origine. Les premières plantations ont débuté en décembre 2011. Au vu des résultats, en 2014, l’UE a décidé de financer deux autres programmes «Life +» biodiversité, l’un porte sur la Grande- Chaloupe, à hauteur de 3 millions d’euros, l’autre sur les pétrels de Barau et noir. Il court sur la période 2014-2020. L’enjeu prioritaire consiste désormais à compléter et pérenniser l’action de conservation de cet habitat. Cela passe par le rétablissement d’un continuum écologique de 150 à 800 mètres d’altitude. Ce dernier doit permettre de rétablir les flux de gènes et d’espèces essentiels à la régénération naturelle de la forêt. Pour y parvenir, 80 experts locaux et ultramarins participent depuis lundi et jusqu'à demain à un atelier de travail baptisé « Continuum écologique » sous l’égide du parc national. Durant 4 jours, ils auront l’occasion d’échanger et de valider les itinéraires techniques à mettre en œuvre à l’horizon 2 020 en salle et sur le terrain. © JIR
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