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Editorial

Rentrée par la petite porte

Le mois de septembre risque d’être animé. Par le retour en classe des élèves. Rendu compliqué à cause de la hausse des frais de scolarité et des prix des fournitures requises. Malgré les efforts consentis pour la gratuité de l’éducation. Sans compter le tableau noir dressé par la Banque mondiale. Qui a souligné que 80% des enseignants n’ont pas les capacités et les bagages pédagogiques pour faire leur métier. Des déficiences qui se répercutent sur le niveau de connaissances de leurs disciples. Très en-deçà de la « moyenne », selon toujours les blâmes infligées par les moniteurs de la Banque mondiale aux élèves malgaches. Victimes malgré eux d’un système éducatif tatillon.

Mais une autre échéance sera aussi suivie avec une attention particulière. Le passage du dossier Madagascar au Conseil d’administration du Fonds monétaire international, FMI. Du moins si l’on se réfère aux déclarations faites par Aivo Andrianarivelo, administrateur –pays de Madagascar au sein de cette institution, au palais d’Iavoloha lors d’une rencontre du président de la république Andry Rajoelina, en présence d’une sommité de la Banque mondiale, Alphonse Koagou, et Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison, ministre de l’Économie et des finances, le 28 juillet. Il est attendu de cet examen ultime le déblocage de la troisième tranche de la Facilité élargie de crédit, FEC, d’un montant de 37 millions de dollars. Soit la moitié de deux premières.

Une annonce un peu surprenante mais découlant d’une certaine logique. Dans la mesure où un tel privilège a toujours été une chasse gardée du chef de mission de revue du FMI. Pour cette fois-ci, il s’agit de Frédéric Lambert qui a conduit une équipe d’inspection du 18 mai au 1er juin. Mais depuis, aucune déclaration, aucun communiqué sur les critères de performances, des figures imposées par le FMI, n’a été rendu public. Un « oubli » ouvrant un boulevard aux supputations les plus invraisemblables.

Le « calendrier » défini par Aivo Andrianarivelo a eu le mérite de ramener le calme dans le milieu économique, des finances, et des affaires. Sans dissiper tous les doutes. Il se base sur les acquis du gouvernement vis-à-vis e ses propres engagements envers le FMI. Entres autres, la révision à la hausse des prix du carburant, effective le 11 juillet après de longues valses-hésitations. La publication d’un rapport sur l’affectation du fonds –covid par la Cour des comptes. Le FMI, via la Facilité de crédit rapide, y a contribué pour 333 millions de dollars. Sans contre partie. Sauf la transparence sur le bilan. Le gouvernement a aussi intensifié la lutte contre la corruption. Du moins en apparence. Et s’active à assainir les comptes d’exploitation de la Jirama. L’autre pomme de discorde.

Le verdict du FMI est attendu par les autres partenaires financiers. Un gage de la crédibilité du programme gouvernemental. Une décision qui va sculpter l’allure du projet de loi de finances 2023 et les activités économiques et financières du dernier trimestre. Les Malgaches auront les yeux rivés et les oreilles tendues vers Washington.

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