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Chronique

Sortir du foot par le haut

Le Bayern Munich est champion d’Europe. Abonnés à la Ligue des Champions, deux milliards de téléspectateurs sur les cinq continents (180 millions pour la finale 2015, 94 millions pour la finale 2019, d’après les chiffres UEFA) et d’autres millions sur notre île-continent sont au courant. Téléspectateurs définitivement plus nombreux que tous les kops réunis chaque weekend dans les stades espagnols, anglais, allemands, italiens, néerlandais ou français. Ce n’est plus la billeterie qui alimente le football, mais les droits télés: il est bien dommage que cet aspect humain-là aussi devienne à ce point secondaire, voire accessoire, alors que c’est le public, grâce à son soutien à domicile et avec son appoint à l’extérieur, qui a permis à plusieurs clubs européens de construire leur palmarès et à l’UEFA et ses fédérations nationales d’écrire de denses chapitres du Grand Livre du football.

Cette année devait être l’année d’un Euro 2020, championnat d’Europe des nations, dont la Covid-19 aura eu raison. J’ai retrouvé le «Guide Officiel» de l’Euro 2016 qui s’était disputé en France. Il y est moins question de football d’ailleurs que de Culture, d’architecture, d’histoire. Par exemple, les rédacteurs ont réussi à parler du «Neuf-Trois» comme d’un paisible musée royal tandis que le nom même de Saint-Denis claque comme un acte de résistance devant «la marche tranquille de l’islamisme». Le fan de foot est également touriste…

Basilide Rahidy, premier prêtre catholique malgache et apparenté au roi sakalava de Nosy-Be, séjourna chez les Jésuites de Vals, en Haute-Loire (1870- 1875). Son neveu, Venance Manifatra, petit-fils du même roi Linta, deviendra le premier Jésuite malgache après ses études à Bordeaux et Toulouse (1878-1881). Joseph Rasamimanana, auteur de la contre-thèse sur l’histoire des Andriantom­-poko indrindra (1909), mais fut surtout le seul médecin malgache formé en France (Lyon, 1891) avant la conquête coloniale. Suivront Rajaonah, fils de Rainandriamampandry, déjà diplômé d’Édimbourg, avant son diplôme français (Paris, 1898); Gershon Ramisiray (Paris, 1901), le premier Franc-Maçon malgache; Radafine (Paris, 1901), Andrianavony (Montpellier, 1901), Charles Ranaivo, (Paris, 1902), Ravelonahina (Montpellier, 1902), G. Rakotobe (Montpellier, 1902)… Didier Nativel a recensé une trentaine d’étudiants en médecine avant 1914. Albert Rakoto-Ratsimamanga (Paris, 1938) fera partie de la génération suivante, précédé par Caleb Razafimino (Strasbourg, 1924), qui deviendra directeur du collège théologique anglican d’Ambatoharanana.

Vals, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Paris, Montpellier, Strasbourg: un tour malgache de France commencé précocement pour en faire notre Étrangère intime. La France très carte postale de l’Euro 2016 ne serait pas totalement inconnue des premiers érudits et intellectuels malgaches, sans oublier les «touristes» de l’entourage de la Reine Ranavalona III et du Premier Ministre Rainilaiarivony, tous deux en exil, auxquels succéderont les anciens combattants des guerres de 14 et de 39, pour arriver à l’actuelle diaspora malgache des quatre coins de l’Héxagone.

POST-SCRIPTUM: France carte postale Bordeaux: Les Romains y ont introduit les premières vignes il y a plus de 2000 ans. Bordeaux est aussi réputé pour son architecture et sa physionomie n’a pratiquement pas changé depuis 200 ans. Elle abrite plus de bâtiments protégés que n’importe quelle autre ville de France, à l’exception de Paris.

Lens : Sous bannière des Pays-Bas espagnols de 1526 à 1659, et lourdement affecté par les Guerres mondiales du siècle dernier, Lens s’est forgé une nouvelle identité depuis la fermeture de la dernière fosse en 1990. L’importance de l’industrie minière pour la ville, depuis la découverte du charbon en 1849, a entraîné une période de transition difficile.

Lille : Ville cosmopolite qui possède de fortes racines flamandes et se situe au carrefour entre la France, les Pays-Bas (au sens de région) et, depuis l’arrivée de l’Eurostar en 1994, l’Angleterre. La Grand’Place pittoresque rappelle inévitablement Bruxelles ou Amsterdam. Lille, ou Rijsel, son nom flamand, (est) réputée pour ses estaminets (des bars et des bistrots).

Lyon: Fondée par les Romains vers 43 av. JC, Lyon a joué un rôle majeur dans le développement politique et religieux de l’Europe. Initialement appelée Lugdunum, son archevêque porte encore aujourd’hui le titre de Primat des Gaules, alors que plusieurs Papes ont été couronnés dans la ville. La configuration de Lyon, avec ses traboules – traverses étroites – lui a valu d’entrer au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La troisième ville de France est également le berceau des frères Auguste et Louis Lumière, pionniers du cinéma.

Marseille : Deuxième ville de France, Marseille a toujours constitué un meltingpot animé de cultures, et ce depuis son origine qui remonte à l’arrivée des marins grecs venus coloniser la région en 600 av. JC. Depuis, les réminiscences du passage des siècles abondent dans la cité phocéenne, des musées aux églises, en passant par le sublime Vieux Port et l’imposant Palais Longchamp. Marseille, qui incarne la diversité de la France, a été choisie comme capitale européenne de la Culture en 2013.

Nice : Deuxième destination touristique de France après Paris, la ville de Nice est appréciée pour son climat et son cadre spectaculaire: la Méditerranée au Sud, les montagnes au Nord, la frontière italienne à l’Est. Si Nice a changé de mains à plusieurs reprises avant son annexion par la France en 1860, elle garde une forte influence italienne en matière d’architecture. Nice a été la source d’inspiration de nombreux peintres de renommée mondiale, notamment Henri Matisse et Marc Chagall qui bénéficient de musées dédiés à leurs chefs d’oeuvre dans cette ville. L’art reste une priorité à Nice, avec un opéra, un théâtre national et son célèbre conservatoire.

Paris: Peu de villes peuvent se targuer d’avoir été au centre du monde. Paris, oui. Paris est connue pour sa beauté architecturale, le baron Haussmann ayant notamment dessiné 12 grandes avenues en son sein, en partant de l’Arc de Triomphe, dans les années 1860. Paris est la capitale mondiale de la culture, de la cuisine et de la mode.

Saint-Denis : Ville multiculturelle située à 10 km au Nord du centre-ville de Paris, Saint-Denis était à l’origine un village – Catolacus – avant d’adopter le nom d’un martyr chrétien qui y a été enterré après sa décapitation à Montmartre. La chapelle érigée sur sa tombe était utilisée jusqu’à 630 de notre ère avant que le Roi Dagobert 1er ne la transforme en monastère royal. Quelque 75 rois et reines, de Dagobert 1er à Louis XVIII, sont enterrés dans la Basilique cathédrale de SaintDenis.

Saint-Étienne: Son musée d’art moderne (est) considéré comme la deuxième collection française après le Centre Pompidou. La créativité de son passé industriel se retrouve aujourd’hui dans le secteur de la création: Saint-Étienne est la seule ville de France à être entrée dans le réseau des villes créatives de l’UNESCO.

Toulouse: Surnommée la Ville Rose en raison de ses murs ornés de brique en terre cuite, Toulouse est la quatrième plus grande zone urbaine de France. Occupée par les hommes depuis le VIIIème siècle, Toulouse est entrée sans souci dans l’ère technologique pour devenir la capitale européenne de l’industrie aéronautique en se dotant du plus grand centre spatial du continent. Si vous y passez, n’oubliez pas de visiter la vieille ville médiavale, le magnifique Capitole et le Canal du Midi, qui relie la Garonne à la Méditerranée.

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