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Rajoelina dans la Sava – Haro contre les chantages faits aux planteurs de vanille

Le président de la République s’est rendu dans le district d’Andapa, puis à Antalaha, hier. Une tournée-éclair pour résoudre le problème du secteur de la vanille qui impacte lourdement les planteurs.

«Non aux chantages, non au x profiteurs». Voilà les mots de Andry Rajoelina, président de la République, face aux habitants du Fokontany Ambalavoanio, commune rurale Belaoko – Lokoho, dans le district d’Andapa. Une localité composée à majeure partie par des planteurs de vanille dont la production a souffert de l’absence d’acheteurs.

Le Chef de l’État affirme qu’il est au fait de la situation. «S’agissant du prix de la vanille, nous devons faire preuve de solidarité. Toute intention de profiter d’autrui est inacceptable», déclare le locataire d’Iavoloha. Il a rappelé que le prix plancher de la vanille fixé à 75.000 ariary est non négociable. L’objectif est même que les planteurs puissent en vendre à meilleur prix. Il dénonce ainsi des «chantages», et des «manipulations politiques», afin d’obliger tacitement les cultivateurs à vendre leur vanille à un prix très bas, ou dans l’optique d’imputer à l’État une incapacité d’honorer ses engagements dans le secteur de la vanille.

«(…) Je refuse tout type de chantage imposé aux agriculteurs. Je suis là pour vous écouter, pour vous défendre», lance le Président aux habitants d’Ambalavoanio. Lors de ce déplacement dans la commune de Belaoko – Lokoho, le locataire d’Iavoloha a amené dans son sillage des opérateurs pour acheter les vanilles vertes des planteurs au prix du marché, soit à 75 000 ariary, au moins, le kilo. Il a, également, rappelé que depuis le début de son quinquennat, le secteur de la vanille est un des dossiers incontournables.

Les premiers efforts déployés avaient porté sur la sécurisation des plantations et des planteurs. Maintenant, l’État s’applique à s’assurer de la traçabilité de vente des récoltes sur le marché. L’idée est de mieux organiser le secteur et d’optimiser les bénéfices. Aussi, chaque cultivateur de vanille sera doté de «Carte producteur». Pour la région Sava, cent mille planteurs en seront les bénéficiaires. Les premières cartes ont été remises à ceux d’Ambalavoanio, hier.

Respect de la loi

Andry Rajoelina rappelle que la vanille est un des piliers de l’économie nationale. Le secteur est un des plus grands pourvoyeurs de devise. L’État a donc tout autant intérêt que les acteurs de l’or vert qui est transformé en or noir, à l’exportation, que le secteur se porte bien.

Bien qu’il avance que son premier souci, à l’heure actuelle, est le bien-être des planteurs, martyrisés par la guerre d’usure engagée par certains opérateurs et des acteurs politiques. Le Président affirme, toutefois, que l’objectif est que chaque acteur de la chaîne de valeur du secteur puisse jouir des bénéfices d’un marché pérenne et en bonne santé. «L’État est là pour défendre les planteurs, aider les collecteurs et faciliter le travail des exportateurs», soutient ainsi le locataire d’Iavoloha.

Dans ce sens, il a réuni les représentants de tous les acteurs du secteur, à Antalaha, hier en fin d’après-midi. Le but du rendez-vous est de dissiper les doutes et incompréhensions de part et d’autre, aborder de front les maux et instaurer un climat de confiance mutuelle. Comme l’a expliqué le président Rajoelina, par exemple, c’est afin d’éviter une chute libre du prix du kilo de la vanille verte, qu’il a été décidé de fixer le prix plancher à 75 000 ariary par kilo. Un scénario qui s’est déjà déroulé en 2006.

Le Chef de l’État concède, du reste, qu’une des raisons de l’hésitation des collecteurs à acheter la vanille des planteurs, est l’absence de garantie venant des exportateurs. Certains de ces derniers seraient dans l’expectative quant à l’obtention ou non d’agrément d’exportation. La principale condition requise par l’État est le rapatriement des devises issues des exportations. Andry Rajoelina reconnaît que dans certains cas, la procédure de rapatriement des devises peut retarder l’attribution d’agrément.

L’option d’une reconduction tacite des agréments a été avancée par un exportateur durant la réunion avec le Chef de l’Etat. Ce dernier a rétorqué que toutes les propositions sont prises en compte et qu’une nouvelle réunion pour prendre des décisions se tiendra incessamment. Il a, cependant, mis l’accent sur l’impératif que chaque acteur, surtout les collecteurs et exportateurs respectent les engagements conclus et la loi. Le locataire d’Iavoloha assène que certains sont dans l’illégalité.

Des exportateurs ne rapatrient pas les devises et font même de fausses déclarations de rapatriement. «Nous ne pouvons pas tolérer l’anarchie», lance Andry Rajoelina. Il ajoute qu’en dépit du fait que l’État ne veuille pas prendre la place des collecteurs ou exportateurs, il ne restera pas les bras croisés face aux «abus, chantages et illégalités». Le Président se veut, toutefois, rassurant à l’endroit de ceux qui respectent la loi en indiquant, «il n’y a pas à avoir d’appréhension. Tant que vous respectez la loi et faites votre travail dans la droiture, l’État sera là pour vous appuyer. Nous pouvons nous entraider».

Il en profite pour requérir «une solidarité», de la part des exportateurs pour l’effectivité du prix plancher de la vanille traitée à l’exportation, qui est de 250 dollars par kilo, au moins. «Notre objectif est que le secteur de la vanille soit durable et le plus rentable possible. Pour cela, nous devons travailler de concert et dans une confiance mutuelle. Etre solidaire autant sur la scène nationale, qu’internationale. Si chaque acteur joue correctement son rôle, nous y parviendrons sans accroc», conclut Andry Rajoelina.

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