Editorial

Ob… session parlementaire

Et rebelote. Les députés ont beau changer, en partie, leur revendication reste la même. Ils font des 4×4 une fixation. Dès la mise en place du bureau permanent, le nouveau président Christine Razanamahasoa a annoncé la couleur vis à vis de l’Exécutif promettant de ne rien lâcher. On verra si le Président et le Premier ministre accéderont à leur demande pour le moins pressante. Ils sont pris entre deux feux. S’ils refusent de donner satisfaction aux députés, leur propre majorité risque de se retourner conte eux. Les députés ont d’ailleurs raison en arguant qu’ils doivent être traités sur le même pied d’égalité que les ministres qui ne sont pas élus sauf deux dont on a du mal à comprendre le choix de s’être présentées aux législatives avant de reprendre leurs sièges. La reprise de la plaque rouge a montré que le parc automobile de l’État n’a rien à envier à celui d’un milliardaire. Il n’y a donc aucune raison que les députés ne puissent pas en profiter au nom d’un traitement équitable et égalitaire.

Mais l’opinion est farouchement contre les députés jugés capricieux. Rajoelina aussi doit être logique avec lui-même. Après avoir réduit le nombre des sénateurs à dix-huit et mis la Chambre Haute à un régime ascétique sévère, pour raison d’austérité, il ne peut pas faire preuve de largesses en faveur de députés de l’IRD sous peine d’être taxé de malhonnête. Ce serait d’ailleurs une pure mauvaise foi même si on sait que le respect de l’éthique n’est pas son fort.

Néanmoins l’argument avancé par les députés sur la nécessité d’avoir un 4×4 pour faire un rapport aux électeurs vole au ras des pâquerettes. Quel rapport peut-on faire quand on est champion de l’absentéisme à Tsimbazaza ? Lors du mandat précédent, seuls dix-huit députés peuvent prétendre à une assiduité incontestable pendant toutes les sessions ordinaires ou extraordinaires. Si rien ne change, c’est le nombre de véhicules qu’il faut acheter si c’est vraiment nécessaire. Et puis, il ne faut pas pousser trop loin la chansonnette. Si un député en est vraiment un, il se soucierait plutôt de l’isolement de sa contrée et demandera à l’État de faire la route pour évacuer les produits au lieu de réclamer un 4×4 pour faire le beau. Avec une belle route il pourra faire son rapport dans toutes les communes toute l’année à bord d’une deudeuche.

Mais le mieux pour clore ce débat houleux est de fixer au préalable dans un décret les droits et avantages des députés et sénateurs avant l’élection. Ils savent en quoi s’en tenir. D’ailleurs, personne n’est obligée de devenir député pour avoir le droit de réclamer quoi que ce soit.
On s’étonne du fait que cela n’a jamais été fait alors que dans les ministères et autres institutions c’est écrit noir sur blanc. Cela ne va pas empêcher les députés de faire monter les enchères lors des votes de projets de loi comme il est de tradition à Tsimbazaza. Cela vaut beaucoup plus qu’un 4×4. La mode est à présent un hélico. Pourquoi pas, caprice pour caprice ?

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter