Le mai malgache


Ah, le mai malgache. Depuis 1972, et le mouvement populaire qui avait emporté le régime d’un Phillibert Tsiranana, pourtant plébiscité à 99% six mois auparavant, les tenants du pouvoir ont appris à se méfier des premiers frimas d’après «asara», tandis que l’opposition, ou ce qui en tient lieu, se prend à rêver d’un tsunami post «fahavaratra». D’abord, il ne faut jamais se fier aux scores staliniens lénifiants surtout quand on a soi-même verrouillé le système et travesti la démocratie. Ensuite, il ne faut pas se laisser prendre à l’illusion, qu’on a soi-même créée, d’un parti présidentiel prétendument en phase avec le réel. Enfin, il faut arrêter de croire aux superlatifs que vous renvoie le miroir à moins que ce ne soient les vrais courtisans et les faux amis qui se tiennent prêts à trahir. J’ai dû lire quelque part que l’Assemblée Nationale a renoncé à questionner le Gouvernement. J’ai également pu voir que la menace d’une descente dans la rue a été brandie par une certaine opposition. Ah, le mai malgache. Les Parlementaires n’ont donc aucune opinion sur les inquiétudes nationales : dépenses courantes financées par l’aide internationale, inflation exponentielle, téléphérique à crédit, routes nationales ruinées, insécurité de fin de civilisation. Qu’un des contre-pouvoirs prévu par la Constitution n’accomplisse pas sa mission d’information, de contrôle et éventuellement de sanction, s’apparente à une trahison : moins du texte constitutionnel que de l’esprit même de la démocratie. Et accessoirement des électeurs. Ah, démocratie : que de mai malgaches, 1972, 1991, 2002, 2009, 2018, devenus génériques d’une place de tous les extrêmes et de bien peu de juste mesure, n’a-t-on pas gâchés en ton nom pour mieux te renier.
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