FINANCES - Le secteur bancaire reste prudent


Les banques opérant à Madagascar, dans leur majorité, estiment que l’année en cours sera marquée par une gestion prudente du fait de diverses incertitudes. Mais ces établissements ne sont pas pessimistes pour autant et continuent de renforcer leurs actions marketing pour consolider leurs acquis et gagner plus de parts de marché. 2023 étant une année électorale, 67 % des banques estiment que le développement de leurs activités pourrait être impactée par les incertitudes liées au contexte socio-politique. Le deuxième facteur pouvant limiter le développement des activités bancaires est la conjoncture économique. 58 % des banques ont fait ce constat selon l’enquête effectuée dernièrement par la Banque centrale de Madagascar ou Banky Foiben’i Madagasikara (BFM). En somme, les banques estiment que l’année en cours sera négociée avec vigilance. Les établissements, dans leur majorité, qui notent également que l’insuffisance de garantie au niveau des emprunteurs, l’inflation et le niveau des coefficients des réserves obligatoires constituent les trois principaux paramètres à prendre en compte. A savoir que les réserves obligatoires sont parmi les outils à la disposition de la Banque centrale pour réguler le niveau de liquidité dans l’économie. À remarquer, en outre, que la concurrence entre les établissements de crédit semble prendre de plus en plus d’importance dans les obstacles cités par les banques. En effet, elle est évoquée par 42 % des banques. Mais, en termes d’expansion des activités de crédits, 76,3 % des banques disent n’avoir aucune difficulté en cas d’augmentation de la demande de crédit. Une proportion de 18,9 % d’entre elles en éprouveraient cependant des difficultés moyennes ou importantes. Notons que durant les trois derniers mois de l’année 2022, c’est la proportion de crédits alloués au profit du secteur agricole qui a connu une augmentation notable, passant de 10 % durant le trimestre précédent à 13,3 % au trimestre sous revu. En revanche, la proportion des crédits au profit du secteur commerce a connu une baisse (28,3 % durant le trimestre précédent à 23,3 %). De son côté, le 9 mai dernier, dans le cadre de la revue trimestrielle de la politique monétaire, le Comité monétaire de BFM a décidé de relever les taux des facilités permanentes.

Une concurrence intense

Ainsi, le taux des facilités de dépôt est fixé à 8,50 % et le taux des facilités de prêt marginal à 10,50 %. « En ligne avec les étapes de la réforme relative à la conduite de la politique monétaire et afin d’atteindre l’objectif de stabilité des prix, BFM utilise exclusivement les taux des facilités permanentes », a noté la Banque centrale. BFM qui a aussi tenu à souligner que ceux-ci forment le corridor des taux d’intérêt des opérations à court terme sur le marché monétaire et constituent le principal instrument de politique monétaire de la banque des banques. Cette décision d’augmentation des taux repose sur l’évolution récente des prix et sur les prévisions au cours des prochains mois. « L’ajustement du corridor des taux d’intérêt s’avère indispensable, pour assurer la stabilisation requise afin de relancer l’économie, et retrouver de nouvelles conditions d’équilibre », a-t-on aussi expliqué. Mais force est également de remarquer que la concurrence s’intensifie entre les établissements bancaires. La forte présence des banques lors de l’édition 2023 de la Foire Internationale de Madagascar (FIM) confirme cette volonté de monter en visibilité et d’accroitre sa part de marché. Les produits proposés se diversifient aussi et les partenariats se multiplient. « Rien n’est acquis, il faut maintenir une dynamique marketing forte pour ne pas se laisser distancer », indique le directeur commercial d’une filiale d’un groupe bancaire français en activité dans le pays depuis de nombreuses années. Selon Ndimby Andrianasolo, économiste qui a produit une étude sur l’évolution du secteur bancaire à Madagascar depuis la vague de privatisation des années 1990, il y a aussi pour les banques la nécessité de consolider leur position face à une éventuelle arrivée de nouveaux acteurs. Ces derniers temps, certains médias africains ont rapporté d’ailleurs qu’une nouvelle banque filiale du groupe de l'Ivoirien Koné Dossongui aurait décroché un agrément bancaire pour opérer dans la Grande Ile. On sait également que la Paositra Malagasy va lancer prochainement sa Sans oublier la montée en puissance du secteur de la Fintech qui est en train de bouleverser le marché.
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