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Editorial

Grise mine

La malédiction des mines. L’affrontement sanglant entre les exploitants d’une carrière de béryl et les forces de l’ordre à Andilana rappelle que les mines causent souvent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

Une carrière c’est un don du ciel pou r une population sans travail dont 75% touche moins de deux dollars par jour selon la Banque mondiale. A Andilana, une petite pépite peut changer toute une vie. Comme à Ilakaka, il serait difficile voire impossible de fermer cette carrière comme il est impossible de protéger les aires protégées. Andilana n’est certainement pas la seule carrière de pierres précieuses non exploitée. Le pays en regorge. Il appartient donc à l’Etat de savoir les gérer pour qu’elle profite et à la population et au développement du pays.

Ce qui revient à dire que les exploitants doivent payer les taxes et impôts relatifs à leur production. Le pays a assez perdu ses richesses sans en tirer aucunement profit. Si Ilakaka avait été bien géré, on aurait eu de quoi financer le développement de toutes les régions en matière d’infrastructures routières, sanitaires et scolaires sans passer par les bailleurs de fonds. Hélas aussi bien le saphir que le bois de rose sont passés au nez et à la barbe de l’Etat sans rien apporter.

Il faut mettre de l’ordre dans ces petites exploitations pour qu’elles rapportent quelque chose dans les caisses de l’Etat au lieu de s’embourber à triturer le code minier. Eh oui, on perd du temps à confectionner le code minier alors que les investisseurs ne seront jamais séduits par les conditions techniques et l’environnement des investissements actuellement. Avant de venir les investisseurs potentiels regarderont d’abord notre classement au Doing business où le système judiciaire.

Il ne s’agit pas tout simplement du taux qu’il faut reverser à l’Etat, mais aussi et surtout de la sécurité des investissements. Et comme les deux géants miniers déjà sur place ne respirent pas la bonne santé, les nouveaux investisseurs éventuels réfléchiront à deux ou trois fois avant de venir.

Si l’Etat arrive à réglementer les exploitations locales, on aura déjà fait un grand pas vers le développement. Il est inadmissible de constater qu’Ilalaka n’aura été qu’un beau gâchis pour le pays et n’a profité qu’aux trafiquants. Oui, il faut d’abord savoir distinguer exploitants réguliers et trafiquants qu’il s’agisse de l’or ou d’autres produits.

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