Editorial

Le Quart d’heure de Rabelais

Éprouvante, sinon épouvante. La semaine écoulée l’a été autant pour les dirigeants que pour la population. Comme les autres depuis le vendredi 20 mars dans la soirée. Quand le Président de la république Andry Rajoelina a annoncé l’arrivée du coronavirus à Madagascar, via trois cas importés confirmés, depuis, le nombre des personnes atteintes n’a cessé de croître. Des décès suspects, enterrés à la va-vite, ont été signalés ici et là. Cela malgré quelques guérisons, faisant renaître l’espoir de la fin de la pandémie. À ce propos, Andry Rajoelina a gagné un succès d’estime auprès de l’Organisation mondiale de la santé, OMS. Au début, l’OMS a émis beaucoup de réserves sur l’efficacité du Covid-Organics à prévenir et à traiter le coronavirus.

Mais après une visioconférence, le style de communication à distance en vogue, avec le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, Andry Rajoelina a obtenu une sorte d’Accord de coopération avec l’OMS. Sur des suivis scientifiques à faire afin de déterminer les vraies vertus thérapeutiques du CVO, dont le lancement est salué par de nombreux pays africains, comme une belle réussite de la pharmacopée africaine face aux conglomérats de l’industrie pharmaceutique. Des médias français, par contre, ont mené une intense campagne de calomnies à l’encontre de la tisane malgache et de son principal défenseur, Andry Rajoelina.

Il reste alors, à l’interne, au CVO de prouver son « rendement ». Ce qui n’est pas une mince affaire. Les contaminés du virus corona sont de plus en plus nombreux, en moyenne 40 par jour, surtout dans la ville Toamasina, devenue l’épicentre de l’épidémie. Et sa propagation dans les autres régions comme l’Anosy, telle une onde de choc, inquiète plus qu’elle ne rassure sur les dispositifs de filtrage des passagers clandestins, instaurés le long des routes nationales. Des habitants inconscients venus de Toamasina ont essaimé le mal ailleurs.

Alors que le régime devra gérer d’autres préoccupations. Pour ne citer que la montée de la fièvre paludique dans plusieurs districts. Des opposants affirment même que ce fléau a tué plus de Malgaches que le coronavirus. Pourquoi accorder à ce dernier un traitement de faveur? En parallèle, le calendrier scolaire a été chamboulé, de fond en comble. Tenir des examens officiels dans ces conditions d’incertitudes et de craintes, tout à fait compréhensibles, est-il la bonne option?

Au même moment, de vives réactions entourent la construction du Colisée dans l’enceinte du Rova de Manjakamiadana. L’opportunité de la réalisation d’un tel chef d’œuvre soulève des polémiques. Par rapport à d’autres urgences du moment. D’autant que des projets présidentiels en provinces sont en stand-by. D’où cet effluve d’animosité ethnique qui surplombe l’ambiance politique. Depuis la Haute-ville.

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