L’initiative baptisée « Cultiver sans déforester » bénéficie à Madagascar de l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
La FAO soutient le Ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD), porteur du projet en partenariat avec le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE), dans la formulation et la préparation du document d’un projet visant la gestion intégrée des paysages pour des chaînes de valeur de café et de riz sans recours à la déforestation.
Une réunion a rassemblé dernièrement les parties prenantes publiques, privées et de la société civile œuvrant dans ces secteurs pour valider ce document, mais également de voir ensemble comment mobiliser les ressources nécessaires afin de pouvoir soumettre le projet auprès du Fonds pour l’Envi – ronnement Mondial (FEM).
Selon ses promoteurs, le projet contribue au programme d’impact global (FOLUR – Food, Land Use, Restoration) mis e œuvre au niveau de 28 pays dans le monde. Ces impacts escomptés sont la promotion de systèmes alimentaires durables pour alimenter une demande mondiale croissante, des filières de commodités zéro-déforestation pour ralentir la diminution des forêts tropicales, la restauration des paysages dégradés pour la production durable et pour maintenir les services écosystémiques.
Pour la FAO, l’agriculture demeure l’un des premiers responsables de la déforestation. Les politiques agricoles, forestières et foncières sont souvent en conflit. Des approches intégrées d’aménagement du territoire à l’échelle du pays, du paysage et au niveau local sont impératives, notamment par des plans directeurs d’aménagement du territoire, une collaboration entre les instituts de recherche agronomique et forestière et les services de vulgarisation, l’aménagement des bassins versants et les systèmes agroforestiers.
Il ne deviendra pas plus facile de limiter l’empiètement agricole ainsi que les autres principaux facteurs de dégradation à l’instar de l’exploitation forestière pour le charbon de bois et le bois de chauffage en particulier, et l’exploitation minière sur les forêts de Madagascar car la population pauvre augmente au rythme rapide de 3 % par an. Par ailleurs, les arbres et les forêts contribuent à la durabilité de l’agriculture, par exemple en stabilisant les sols et le climat, en régulant les flux de l’eau, en fournissant ombrage et protection et en offrant un habitat pour la biodiversité.
Intégrés dans les paysages agricoles, les arbres et les forêts peuvent donc améliorer la productivité du secteur agricole qui représente près de 30% du PIB de Madagascar. Ils contribuent aussi à garantir la sécurité alimentaire de millions de personnes, pour lesquelles ils constituent d’importantes sources de nourriture, d’énergie et de revenu. « La seule solution consiste à une approche intégrée s’attaquant simultanément aux différents facteurs de dégradation qui peut aider à relever les défis complexes des systèmes alimentaires et du développement durable », soutient ainsi la FAO.
Trouver le bon équilibre
Selon les explications fournies, le choix des filières repose sur le fait que le riz est la principale culture à Madagascar et que le café est une culture de rente emblématique du pays. L’une des principales causes de l’empiètement agricole est la pratique non durable généralisée pour permettre l’expansion des terres cultivées pour la production de cultures de base dont principalement le riz, qui sont essentielles à la sécurité alimentaire nationale et largement consommées localement ; et de cultures de rente comme le café, qui offrent potentiellement des revenus supplémentaires et d’amélioration des moyens de subsistance.
Selon la Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Marie-Orléa Vina, « le but est de trouver le bon équilibre entre la restauration des services écosystémiques, par exemple, la biodiversité, la conservation des sols et des eaux et la productivité des terres pour l’agriculture et les pratiques associées qui produisent l’alimentation, l’énergie et les autres biens et services afin de rendre la subsistance durable ».
Pour le Ministre de l’Agri – culture et de l’Élevage, Harifidy Ramilison, « ce projet augmentera directement la capacité de production de vastes zones agricoles en particulier la production de riz et de café, tout en restaurant les écosystèmes et en assurant une utilisation durable des terres et des ressources naturelles notamment au niveau des Régions Amoron’i Mania, Vatovavy, Fitovinany et Atsimo Atsinanana».
Pour sa part, le Représentant de la FAO, Charles Boliko, a affirmé que « ce projet soutiendra une transformation vers des systèmes alimentaires et d’utilisation des terres durables qui produiront un ensemble amélioré d’avantages économique, sociaux et environnementaux tout en devenant plus résilients face aux effets du changement climatique et à la volatilité des marchés ». Si toutes les conditions sont réunies pour les cofinancements, le projet démarrera en septembre de cette année.



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