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Pandémie « Covid-19 » – La communauté culturelle anéantie

La communauté culturelle et artistique nationale fait preuve d’une grande inquiétude.

D’une manière officielle, voilà maintenant près d’une semaine que la Grande île est rentrée en phase de confinement pour faire face au Coronavirus.

Que va-t-on faire maintenant? Qu’advient-il de nous ?, ce, entre autres, les questionnements qui résonnent le plus, de la part des artistes et acteurs culturels nationaux. Si outre-mer, au cœur de la diaspora, il y en a qui peuvent effectivement jouir d’une certaine bienveillance, on ne peut pas en dire de même de leurs pairs ici au pays. Si le confinement, ainsi que l’interdiction de tout rassemblement public et populaire ont été définitivement effectifs depuis le week-end dernier, la communauté culturelle et artistique, quant à elle, en a déjà fait les frais depuis plus d’un mois maintenant. Un mal pour un bien certes, vu le contexte actuel, mais un mal qui lui coûte jusque-là assez cher. Ainsi, entre les reports et autres annulations de concerts, ainsi que des événements et autres manifestations culturelles, une certaine inquiétude, doublée d’une grogne et d’une forme d’incompréhension commence à se faire entendre de la part des acteurs culturels. Notamment, après l’allocution du président de la République sur la chaîne nationale mardi soir, selon laquelle des mesures financières seront prises pour subvenir aux besoins des professionnels dont les activités en pâtissent le temps de ce confinement. Se sentant cependant oubliés, les acteurs culturels montent alors au créneau. « Chers camarades opérateurs culturels, animateurs culturels, médiateurs culturels, ingénieurs culturels et surtout artistes ? Que doit-on faire ? Car moi personnellement, je suis désormais chômeur et sans un sou ! », scande Mampiray Solofoniaina, opérateur culturel et créateur événementiel.

Une lutte s’entame

Au cœur même de cette communauté culturelle et artistique, ce sont ainsi les musiciens qui en souffrent le plus. Là où leurs pairs, comme les auteurs, écrivains, compositeurs, cinéastes ou encore peintres et illustrateurs ont l’option de profiter du confinement pour se pencher sur l’épanouissement de leur art ou même procéder à des résidences de créations, les musiciens, quant à eux, du moins ceux qui sont habitués à égayer ponctuellement la scène de leur talents galèrent. Entre les cabarets hebdomadaires, les concerts mensuels et autres festivals désormais tous annulés, ils ont du mal à vivre sereinement la situation. Njakanirina Rakotoniraina, pianiste de jazz confie « J’ai perdu pas mal de gros contrats depuis le début de tout ceci, d’autant plus que nous sommes en pleine haute saison actuellement. Du coup, on en souffre évidemment, on vit sur nos économies, mais on ne sait jusqu’à quand. J’envisage évidemment un plan B, comme de trouver un métier en ligne, car je ne veux pas en arriver à vendre mes instruments de musique par exemple. Pour l’heure, dans la hiérarchie sociale, les musiciens comptent parmi ceux qui ne sont pas les plus épargnés ». Dans le lot, un appel à solidarité s’élance également, notamment pour que le Syndicat des artistes sonne l’alarme sur la considération des conditions des artistes et acteurs culturels nationaux, vu l’évolution constante et la gestion de cette pandémie.

Ceci-dit, force est de constater que depuis le confinement et le calme plat qui l’accompagne, une véritable remise en question de la vie culturelle nationale s’est découverte. Notamment vis-à-vis des conditions sociales des artistes, mais surtout par rapport à leur statut. D’autant plus qu’actuellement, la communauté culturelle fait preuve d’impatience et d’incompréhension, face au silence du ministère de la Communication et de la Culture (MCC). Certes, la priorité est de communiquer sur tout ce qui est sensibilisation et prévention par rapport au coronavirus, mais elle patiente aussi pour connaître son sort face aux difficultés qu’elle traverse et ce, probablement pour une longue durée.