Economie

Industrie – Manquement à la sécurité sanitaire des employés

Le risque de propagation rapide du virus est à envisager dans de telles conditions de travail.

Mesure laxiste. C’est de cette manière que certains travailleurs qualifient la façon dont ils sont traités en cette période de pandémie. La consigne est claire, seuls les secteurs essentiels peuvent et doivent encore continuer leurs activités. Des secteurs comme le ravitaillement, l’eau et l’électricité, les établissements de santé, le transport, la télécommunication, la presse, les établissements bancaires et financiers. Cependant, d’autres employeurs et opérateurs s’empressent de contourner les dires du chef de l’état qui a annoncé dans son discours officiel en fin de semaine que « Pour les entreprises privées, il appartient aux responsables d’établir une méthodologie de travail permettant de continuer leurs activités comme il se doit, mais en accord avec les directives ministérielles ». Une partie de ces propos d’Andry Rajoelina, notamment sur le fait qu’« il appartient à chacun des responsables d’établir une méthodologie de travail » a été prise à la lettre par certains patrons d’entreprises pour maintenir leurs sociétés en activités malgré les risques encourues par leurs collaborateurs. « Nous sommes encore en bonne santé donc nous pouvons encore faire passer nos messages d’alerte face à la situation dans laquelle nous travaillons. Aucun masque de protection ni de produit désinfectant », s’insurge un employé d’un call center sis à Andraharo. Ce dernier travaille dans un open space de plusieurs centaines de mètres carrés où quelques milliers de téléopérateurs sont confinés sans respect de la distance de sécurité santé exigée pour éviter la propagation du virus.

Dérives

« Un comité d’entreprise s’est réuni avec notre directeur général pour voir les mesures à prendre mais aucun changement n’a été constaté. Par ailleurs aucun employé n’ose s’insurger de peur d’un renvoi », rajoute cet employé. Dans d’autres sociétés, les employés sont invités à rejoindre implicitement leur lieu de travail en leur annonçant que « les jours non travaillés seront débités de leur droit de congé », malgré le fait que le travail peut s’accomplir chez eux. « Les situations d’exception requièrent des mesures d’exception. Cependant, le président de la République a été claire sur le fait que toute continuité d’activités non essentielles doit se faire en accord avec les directives ministérielles sur les mesures à suivre de rigueur sur la protection des collaborateurs », explique Jerson Razafimanantsoa, directeur général du Travail et des Lois sociales. Ce dernier d’expliquer que « lors de l’arrêt d’activité d’une entreprise, deux options se présentent à l’employé et aux employeurs. Soit ils choisissent de se mettre en chômage technique et donc avec la perte de tous les avantages pécuniaires, soit ils penchent pour les congés et donc seront payés malgré tout à la fin du mois ». Une réunion de concertation a déjà été effectuée entre la présidence de la république et l’ensemble des groupements d’opérateurs et d’industriels qui doivent prendre des mesures de suivi afin d’éviter les dérives chez certains employeurs.