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Editorial

Fictionnaire

Ce n’est pas trop tôt. On vient seulement d’entrer dans l’ère de la digitalisation. C’est l’université d’Antananarivo qui tente l’expérience en premier après les passeports biométriques qui répondent à une norme internationale exigée par l’Organisation internationale de l’aviation civile et les permis de conduire dont le passage à la biométrie avait défrayé la chronique en 2017 sur fond d’affaire de gros sous.

Elle arrive à point nommé avec la série de grève un peu partout pour réclamer le paiement des arriérés des bourses. L’octroi des bourses est justement un domaine où la digitalisation peut régler tous les problèmes. Jusqu’ici une commission s’occupe des demandes de bourse des étudiants, fait un tri et dresse une liste des bénéficiaires après examen des dossiers. Une entreprise fastidieuse avec plusieurs milliers d’étudiants dans toutes les facultés. Forcément, il y a des anomalies naturelles ou voulues. Des étudiants dont le parcours ne leur permet pas de toucher une bourse figurent dans la liste. Or, le montant global des bourses des étudiants de toutes les universités représente une sacrée fortune pour l’Etat. Il y donc nécessité de faire un lifting de la liste des boursiers. La digitalisation de la carte des étudiants mettra fin à cet abus qui aura duré plusieurs années.

La digitalisation des cartes d’étudiants permettra également de débusquer les faux étudiants qui squattent les logements universitaires alors que certains sont devenus de hauts responsables de l’Etat.

On aura donc perdu du temps et beaucoup d’argent. Mais mieux vaut tard que jamais.

La liste électorale objet de contestations justifiées, a également intérêt à recourir au bienfait de la digitalisation. Le président de la Ceni dans une récente interview a reconnu que c’est la seule solution pour éviter les anomalies et les doublons. Évidemment le passage à la carte électorale biométrique a un coût mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un passage obligatoire pour des élections propres et des résultats incontestables.

Mais avant la carte électorale, il faut «biométriser » la carte d’identité nationale objet de nombreuses fraudes dans divers crimes et délits. Il est ainsi impératif de passer la pièce d’Etat civil à la digitalisation.

En attendant c’est le carnet de fokontany qui fait l’objet de digitalisation depuis peu. Histoire d’avoir une base de données fiables et précises sur les habitants pour pouvoir contrôler la sécurité et de connaître dans les détails les conditions de vie des membres de la société.

La digitalisation a fait ses preuves dans la fonction publique ou le logiciel Augure a permis de traquer des milliers de fonctionnaires fantômes ou des « fictionnaires ». Eux aussi coûtent une fortune à l’Etat. L’heure est ainsi au grand nettoyage pour éliminer tous les parasites qui aspirent les ressources de l’Etat. Désormais, avec la digitalisation il n’y a plus aucune chance aux resquilleurs.

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