Émergence 2030 - Le Président secoue l’ambition nationale


Le chef de l'État a présenté son plan pour une émergence de Madagascar à l'horizon 2030. Il mise, notamment, sur un élan national pour atteindre cet objectif. Ambition collective. En matière de leadership, ce terme est défini par certains comme « la combinaison d’une vision et d’une mission, réalisée de manière participative ». C'est à cette ambition collective des Malgaches que Hery Rajaonarimampianina, président de la République, fait appel pour mettre et atteindre les objectifs de son « plan de croissance et transformation », de Madagascar, pour en faire une nation émergente d'ici 2030. Ce plan d'émergence de la Grande île, qu'il a baptisé « Fisandratana 2030 », le chef de l'État l'a présenté officiellement, hier, au palais d'État d'Iavoloha. Pour l'occasion, et afin de marquer également le 4e anniversaire de son investiture, Hery Rajaonarimampianina a fait un one-man-show d'un peu plus de 3 heures. Une conférence présidentielle durant laquelle l'ancien enseignant a démontré qu'il a gardé de beaux restes de sa verve professorale. Outre les paramètres économiques, le chef de l'État explique le « Fisandratana », implique également un volet culturel pour « une renaissance de la nation malgache ». Exemplarité Une dimension culturelle qui inculquera « la culture de l'émergence, du renouveau malgache, une transformation », qui établira « un nouveau pacte social et insufflera un refus de la fatalité de la crise cyclique ». Au final, ces étapes devraient mener à « une refondation de la nation autour d'une forte ambition collective », indique le locataire d'Iavoloha. La mobilisation générale devrait, entre autres, hisser Madagascar au 70e rang du classement de l'Indice de développement humain (IDH), d'ici 2030. Réduire le taux de pauvreté jusqu'à 30%, ou encore, augmenter le Produit intérieur brut (PIB), par habitant à 1000 dollars, sont les autres perspectives annoncées par le chef de l'État. Des secteurs porteurs comme l'industrie, l'agriculture et le tourisme, la redéfinition de la carte économique de la Grande île, une transformation de son modèle économique devront, entre autres, être les moteurs du « Fisandratana 2030 ». La conférence présidentielle d'hier, donne toutefois, peu de détails sur la manière dont il compte parvenir aux objectifs annoncés dans son plan. À entendre son exposé, plusieurs réformes sont pourtant, à prévoir. À côté des mesures incitatives pour les investisseurs et les entrepreneurs, pourraient être prises d'autres qui seront contraignantes et impopulaires. Le président de la République affirme que son plan d'émergence conduira à une croissance partagée. L'ambition collective pourrait amener les successeurs du président Rajaonarimampianina à garder le cap de son plan d'émergence. Seulement, l'enjeu premier est de convaincre la population à y adhérer, en faire un objectif commun et travailler dans ce sens. Avec un sentiment de désillusion collective vis-à-vis de la classe politique et des difficultés du quotidien, les verbes pourraient ne pas suffire à impulser cette ambition collective. Surtout qu'il est probable que les ménages seraient amenés à faire preuve de plus d'abnégation. Comme l'a affirmé une des personnes de l'assistance, la vision à long terme ne devrait pas occulter les urgences du présent. Le chef de l'État affirme, pourtant, que l'État a déjà beaucoup fait. Il a soutenu hier que le « Fisandratana 2030 » est la continuité de ce qu'il a déjà entrepris depuis sa prise de pouvoir, dans le cadre du Plan national de développement (PND). L'exécution du PND, en toute vraisemblance, n'a pas permis de soulager les charges quotidiennes des ménages. Pour sa défense, le Président rappelle fréquemment, qu'il fallait réanimer une nation meurtrie par la crise et lever les sanctions internationales. Devant l'assistance, à Iavoloha, il a indiqué qu'il préfère les solutions à long terme à celles ponctuelles servant plus à la clientélisme politique. Certes, ventre affamé n'a point d'oreilles. Là entre en compte l'efficacité et l'efficience du gouvernement qui, selon le locataire d'Iavoloha, tient une place majeure dans la marche vers l'émergence. Comme l'exemple vient d'en haut, pour impulser une ambition collective, les gouvernants « doivent être exemplaires dans leurs actions et leurs comportements ». Garry Fabrice Ranaivoson
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