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TABLE RONDE ÉCONOMIQUE – Dialogue public-privé sans langue de bois

Edgard Razafindravahy, ministre de l’industrialisation, du commerce et de la consommation.

Pour la sixième édition tenue hier au Carlton Anosy, la Table Ronde Économique (TRE) avait pour thème la réforme des mécanismes de Dialogue public-privé. Edgard Razafindravahy, ministre de l’Industrialisation, du Commerce et de la Consommation et président du Comité de pilotage du DPP a mis l’accent sur la mise en œuvre des résolutions déjà prises.

Une verve oratoire remarquée chez Edgard Razafin­dravahy. C’était hier au Carlton Anosy lors de l’ouverture des travaux de la sixième édition du Dialogue public-privé, DPP, où le ministre de l’Industrialisation, du Commerce et de la Consom­mation, président du Comité de pilotage du DPP, a tenu un discours direct, franc et sans fioritures. Avec une question: « À l’heure du bilan sur les DPP, où en sommes-nous? ».

« Du DPP, nous en avons organisé dans la semaine du 28 mars et du 9 mai. Nous vous distribuons des exemplaires du mémorandum avec comme contenu les engagements de l’État et du secteur privé sur divers aspects. Que j’ai défendu au Conseil de gouvernement qui l’a adopté. Aujourd’hui, la question est de savoir où en sommes-nous par rapport à ces résolutions prises d’un commun accord entre les deux parties. Cette réunion devra se pencher sur la mesure et l’évaluation de ces décisions au moment d’élaborer une nouvelle feuille de route. Il s’agit d’une manière de penser et de concevoir (lalan-tsaina) le DPP » a mentionné Edgard Razafindra­vahy dans un ton ferme et décidé.

Il a énuméré quelques exemples. « Il a été indiqué l’indépendance énergétique pour ne plus être tributaire des carences de la Jirama à produire de l’électricité suffisante pour l’industrialisation. Par l’autoproduction. Comme l’a fait Ambatovy qui importe 700 à 800 mille tonnes de charbon de terre d’Afrique du sud pour produire jusqu’à 120 MW. Pourquoi n’exploitons-nous pas le gisement de Sakoa pour en faire de même? QMM a procédé de la même manière. Une autre option a été avancée. Le regroupement des entreprises dans les parcs industriels. À Ankorondrano, chacun a son propre groupe électrogène. Les mutualiser serait beaucoup plus rentable ».

Sur la question de financement, les propositions sorties de la semaine du 28 mars évoquent « la mise en place d’un fonds de garantie à partir des subventions accordées à Jirama, 400 milliards par an et même plus, pour financer l’autoproduction de l’électricité ». « Aucune suite n’a été donnée à cette piste de réflexion » déplore Edgard Razafindravahy qui a incité les opérateurs économiques à agir sans attendre les textes législatifs. « Si on ne le fait pas maintenant, ce serait quand? » s’interrogeait-il.

Sur ce même thème, il a demandé à l’assistance « combien sont les opérateurs qui ont pu bénéficier du crédit-bail. Si les banques implantées ici rechignent à suivre le mouvement, allons faire une table ronde avec elles pour résoudre ce problème récurrent ».

Pour Edgard Razafindravahy, « l’heure n’est plus au diagnostic, ni au constat. L’État s’apprête, avec le soutien des partenaires, à mettre en œuvre ses engagements. En contrepartie, il est attendu une véritable mobilisation du secteur privé, et un lobbying dans le sens de l’action, objet de l’atelier d’aujourd’hui ». Dans cette optique, soixante-quinze unités industrielles vont débarquer dans les jours à venir. La participation du secteur privé dans les projets présidentiels avec ces équipements est attendue.

Le secteur privé avait également son mot à dire

Il a aussi souligné le caractère hétérogène et disparate du secteur privé. « Il y a ceux qui se battent au jour le jour pour la survie de leurs affaires, croulent sous le fardeau des dettes fiscales. J’ai demandé au président du FIVMPAMA, en mission à Bordeaux, la liste de ces petites et moyennes entreprises en difficulté pour négocier l’aménagement de ces charges financières auprès du ministère de l’Économie et des Finances, j’attends toujours cette liste ».

« Mais il y a aussi ceux qui ont dépassé ce stade et qui peuvent anticiper l’avenir avec confort et dans la sérénité. Il est impératif de reconnaître ces deux réalités teintées de contrastes, et réduire le fossé qui se creuse » a-t-il proposé comme solution médiane. En résumé, il conclut « que chaque partie doive assumer les responsabilités qui leur incombent et ne plus se renvoyer la balle par des blâmes, des critiques et des diatribes improductifs ». Tout a été dit. À l’ouverture de la cérémonie, Aina Raveloson, en sa qualité de présidente de la Confédération du tourisme de Madagascar et de vice-président du GEM, a demandé à ce que le DPP ne soit pas simplement de la forme et de considérer le partenaire privé comme un vrai partenaire. Elle a insisté sur 2 points en particulier : la nécessité de mettre en cohérence toute l’action publique et l’accès au détenteur de la décision finale, faisant référence sans le dire aux incohérences entre la place prépondérante qu’on souhaite donner au tourisme et l’interdiction encore en vigueur de certains vols.

L’autre mamelle nourrissante de la croissance économique, bon an mal an, a toujours été l’industrie du textile et de l’habillement. Malgré des performances appréciables, le secteur a des soucis à gérer. Comme l’a souligné Hery Lanto Rakotoarisoa, président du Groupement des Entreprises Franches et Partenaires (GEFP) a déploré « le manque de cap dans la stratégie économique globale du pays ».

De son côté Hassim Amiraly, président du Syndicat des industries de Madagascar, SIM, abonde dans le sens de la nécessaire coopération. « Nous n’avons pas honte de demander l’aide de l’État » a-t-il dit tout en affirmant que « la responsabilité dans le retard de développement de Madagascar est partagée ». Pour rassembler tous ces courants d’idées, l’EDBM, appuyé par le programme Clim-Invest, a proposé un projet de feuille de route pour l’amélioration des DPP.

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