Notes du passé

La chute de deux chefs rebelles

Parmi les grands évènements, qui ont marqué le début de la colonisation, on peut citer l’insurrection des Menalamba sur certaines parties de la Grande île, et en particulier la soumission de leurs grands chefs. À
commencer par celle de Rabezavana.

Cet événement « important » est le résultat d’habiles négociations dirigées par le chef d’escadron Lyautey et le capitaine Reymond. Ils ont convaincu deux personnalités de la caste de Rabezavana- l’officier supérieur Rainianjanoro, 13 honneurs, et le juge Ratomahenina qui entretenaient naguère des relations avec le chef rebelle- de contacter celui-ci dans le Nord, début mai 1897, pour l’amener à faire sa soumission.

D’après les deux officiers français, « leurs ouvertures furent reçues avec empressement par Rabezavana, lors de l’entrevue que ce chef accorda (aux émissaires malgaches), en son camp d’Ambodiamontana, le 21 mai. Vite persuadé de l’intérêt qu’il y avait pour lui à cesser les hostilités, Rabezavana mit longtemps à vaincre les craintes que lui inspirait l’idée de soumission complète. Il dépêcha son père au poste français d’Antsatrana où on le reçut bien et d’où on le renvoya sur Ambodiamontana ».

Le 29 mai, Rabezavana encore fort peu rassuré, se présente au capitaine Reymond, commandant du poste d’Antsatrana, offrant sa soumission complète. De là, il est conduit à Morafenobe où le commandant Lyautey le reçoit entouré d’un appareil militaire destiné à frapper l’esprit du chef vaincu.

Ce dernier, ancien gouverneur de la reine, met au service des troupes d’occupation la grosse influence qu’il a sur les autres chefs de bandes insurgées. « Il leur écrivit aussitôt les invitant à se soumettre comme lui, promit de ramener dans le devoir tous les gens qui lui étaient fidèles, et offrit de guider les troupes françaises chargées d’occuper la vallée de la Mahajamba jusqu’à Tsaratanàna » (Rapport du commandant Lyautey).

Les « bons effets » de la politique française adoptée vis-à-vis de Rabezavana, ne tardent pas à se faire sentir. Le 6 juin, le capitaine Reymond se présente devant Ambodi­amontana où il reçoit la soumission de trois cents rebelles, conduits par Rabezavana en personne. Le même jour, cent cinquante Sakalava se rendent à Antsatrana.

Enfin par télégramme du 9 juin, le commandant Lyautey annonce que Retsimba, le chef rebelle de Vohilena récemment soumis, ramène dans ce poste cent cinquante personnes et remet quarante cinq fusils Sniders.

De son côté, un autre chef réputé des Menalamba, Rainibetsimisaraka accomplit aussi sa soumission au poste d’Ambohi­mirary, dans le cercle annexe de Betafo. C’est avant tout un « brigand célèbre depuis longtemps ».

Betsileo de naissance, Rainibetsimisaraka est originaire de la vallée de Manandona et s’est fait, dans sa jeunesse, une réputation de voleur audacieux. Un peu plus tard, il se livre à la fabrication d’amulettes, (en malgache ody) qui, prétend-il, le mettent à l’abri de l’emprisonnement. C’est peut-être pourquoi, arrêté à deux reprises par les autorités malgaches, il s’évade. Évasions répétées qui accroissent la foi de la population en la vertu des amulettes qu’ils fabriquent!

Toutefois, sa deuxième « sortie de prison » n’est obtenue que pour une transaction à l’amiable avec les gouvernants merina en 1895. Nommé gardien des bœufs de Rainilaiarivony dans l’Ankaratra, il surveille aussi pour le compte de certains personnages de la Cour, l’exploitation aurifère dans les affluents de l’Onive.

C’est en cette qualité qu’il entre en scène en mars 1896, alors que Duret de Brie, Grand et Michaud organisent une excursion du côté de Tsinjoarivo. Après la sanglante affaire de Manarintsoa, pour attirer les populations à
sa cause, il se fait chef politique et prêche l’insurrection contre les Français.

Pourtant, après avoir été tout puissant dans le Voromahery, il doit peu à peu reculer devant les progrès incessants des troupes françaises jusqu’au jour où, «traqué de tous côtés, abandonné par tous ses lieutenants, suivi seulement de quelques rares fidèles, il se rendit compte qu’il n’y avait de salut pour lui qu’en la générosité de ses adversaires ». Il se rend au poste français d’Ambohimirary où habite depuis longtemps l’un de ses frères.

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