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Transport aérien – La réouverture des frontières sérieusement compromise

Les compagnies aériennes se retirent de la course à la desserte des lignes vers Madagascar en octobre. Air Madagascar n’a plus d’avions. La reprise du tourisme dans l’île devient pour l’heure utopique.

De sérieux problèmes. À la veille d’une possible réouverture du ciel malgache pour sauver le Tourisme, et par extension pour sauver une bonne partie de la situation économique du pays, aucune visibilité positive ne s’annonce. Après la compagnie Ethiopian Airlines qui a annoncé la prolongation de la suspension des vols vers Madagascar, le 22 septembre dernier, la compagnie aérienne réunionnaise Air Austral ne se dit pas encore prête non plus. Dans la rubrique « informations agences » sur le site de la compagnie, une liste des destinations avec des ajustements de programme de vols de septembre à octobre 2021 apparaît.

Les vols Réunion-Antananarivo – Nosy Be-Réunion et Réunion-ToamasinaFort-dauphin- Tuléar- Réunion sont annulés jusqu’au 31 octobre 2021 inclus. Pareillement, un cas d’annulation d’un vol commercial par la compagnie Air France à destination d’Antananarivo, en date du dimanche 3 octobre est constaté. Mais l’information n’a pu être confirmée. Si cette possible réouverture des frontières a fait l’espoir des opérateurs touristiques, elle ne l’est pas pour les compagnies aériennes. En effet, les communications officielles sur ce projet de réouverture qui devra normalement démarrer dans une semaine, si l’on tient à l’annonce présidentielle d’une réouverture au « mois d’octobre », restent pour l’heure inconnues. Ce qui rend la position des compagnies aériennes, risquée et moins sûre. A titre de comparaison, les vols Réunion-Paris-Réunion ou Mayotte-Paris-Mayotte se tiennent en revanche, sept fois par semaine à bord d’Air Austral.

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La situation de Covid-19 dans le monde rend aussi le monde incertain en tous points. Un éventuel prolongement au delà du 3 octobre 2021 n’est pas à écarter. Car si le variant de la Covid-19 est menaçant en Inde, en Afrique du Sud ou à l’ile Maurice, il l’est moins à Madagascar ou dans d’autres pays africains. Depuis l’annonce d’une possible réouverture des frontières, la Confédération du tourisme de Madagascar regroupant les opérateurs privés en Tourisme, ne cesse de se réunir avec des ministères pour s’y préparer. Les détails des discussions restent secrets bien que l’on sache qu’ils portent sur les modalités de réouverture ainsi que le plan de relance du secteur Tourisme. Mais quelles sont ces modalités de réouverture? Est-ce qu’elles se réduisent à la vaccination obligatoire, des pass sanitaires, des gestes barrières, des mises en quarantaine ? Les réponses ne sont pas disponibles.

En tout cas, Madagascar qui n’est plus dans un état d’urgence depuis le 6 septembre, peut se féliciter mais n’est guère hors de danger. La réouverture partielle du ciel de Nosy Be en octobre 2020 a apporté son lot de désagréables surprises avec la montée en flèche des cas de Covid-19 et des décès. « Il est difficile de se prononcer. L’on ne sait plus sur quel pied danser. Nous nous préparons mais les conditions de réouverture exigées par l’État ne sont pas assez claires », s’exprime un tour opérateur. Sans les compagnies aériennes, les touristes ne pourront venir et sans un moyen de transport aérien domestique en bonne capacité, leur faire découvrir le pays semble illusoire.

Par ailleurs, le transport aérien, cette fois-ci, national, n’est pas en bonne santé non plus. Hier, les employés de la compagnie Air Madagascar se sont enfin exprimés pour demander à l’État un coup de pouce à court terme. « Air Madagascar n’a plus d’appareils car les deux Airbus A-340 qu’elle a utilisés ne sont plus fonctionnels. L’un n’a pas de moteur et l’autre a besoin de réparation. Elle ne pourra donc pas assurer des vols longs courriers. Nous demandons une aide financière de l’Etat pour réparer ces avions » a souligné le porte-parole des sept cents employés d’Air Madagascar, Alain Rabetrano, président du syndicat des techniciens d’exploitation de la compagnie. La dette d’Air Madagascar s’élève aujourd’hui à 70 millions de dollars. Les employés pointent du doigt le partenariat stratégique avec Air Austral et estiment qu’il n’y a pas besoin d’affréter des avions en cas d’ouverture des frontières. C’est ce qui a accéléré l’agonie de la compagnie.

4 commentaires

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  • On a encore ici la démonstration de l’incompétence des dirigeants actuels et de toutes les sphères de décision . Cette situation déplorable ne serait jamais survenue si le président de la république en premier n’a pas eu cette ignominie de refuser la vaccination dans un premier temps . On ne pourra pas efficacement éviter une reprise épidémique avec l’ouverture des frontières vue la couverture vaccinale très faible de 2% surtout avec des vaccins peu efficients contre le variant delta .
    Et on a nommé un ministre des transports qui n’a pas les qualités requises pour occuper le poste . La FMI avec cette largesse financière sous forme de don d’un montant de 320 millions de dollars pour la gestion de la crise post-covid a intérêt à suivre de près ce qui relève des priorités avec la récession économique . Le pouvoir se gargarise déjà d’une manne tombée du ciel pour le financement des infrastructures non structures du PEM . A aucun moment on n’a entendu un plan de relance financier pour le tourisme , le secteur aérien et les entreprises. Avec cette décision du HCC sur le fonds souverain mettant sur les carreaux les parlementaire est suspecte . La relance du tourisme est mal barrée et la mise à mort d’Air Mad serait dans les annales de la gouvernance peu glorieuse des oranges .

  • C’est, encore une fois, dommage pour Madagascar et son économie. Les frontières sont fermées depuis trop longtemps (près de 2 ans), même une économie développée ne peut supporter longtemps une telle asphyxie.

    En ce moment, l’économie locale doit etre severement touchée. Ceci aurait été evité: comme évoqué dans les commentaires précédents, Madagascar aurait dû opter pour une  »entrée réglementée » (accès aux passagers sans Covid, non accès aux testés positifs); comme le Rwanda l’a fait, au lieu de verrouiller complètement le pays contre le monde. En attendant des jours meilleurs, une telle strategie permettrait au pays de générer des revenus malgré l’actuel environnement mondial en détresse.

    Le gouvernement malgache doit rouvrir les frontières et réguler entrées. C’est impératif.

  • eh oui les stades ça vole pas …
    et le pire côté Ambassades : euh nous on sait rien, c’est le prèz qui décide !!!
    double massacre, double peine faudrait songer à virer les incapables …