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Sucrerie d’Antanamifafy – Le début de l’autosuffisance alimentaire

Le président de la République a procédé à l’inauguration de la nouvelle usine sucrière d’Antanamifafy, hier. Une matérialisation de la politique d’industrialisation de Madagascar, selon les discours prononcés.

Une concrétisation. Voilà ce qui a été souligné durant l’inauguration de la sucrerie d’Antanamifafy, dans la commune rurale d’Ambalakida, sise dans le district de Mahajanga II, samedi. Une concrétisation de la politique d’industrialisation de Madagascar affirment les orateurs. Une politique mise en oeuvre avec le programme “One district, one factory” (ODOF), décliné en pépinière industrielle.

“Ce projet témoigne de votre volonté de concrétiser votre engagement, celui d’industrialiser Madagascar”, affirme Volatiana Rakotondrazafy, représentante pays de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), s’adressant au Chef de l’État. Cette entité onusienne est une de celles qui ont été à la houlette de la concrétisation de la mise en place de la sucrerie d’Antanamifafy. Prise en main par l’entreprise MEO, l’usine d’Antanamifafy fait partie du projet de transformation semi-industrielle de canne à sucre. Financée par l’Union européenne, la mise en place du site d’Antanamifafy a été faite avec l’expertise et l’appui technique de l’ONUDI, du ministère de l’Industria­lisation, du commerce et de la consommation, ainsi que du Centre malgache de la canne et du sucre (CMCS), précise Volatiana Rakotondrazafy. Les appuis techniques et expertises ont porté sur “la formation des techniciens, la structuration des planteurs, l’appui à la mise en place de pépinière afin d’assurer par la suite la production de canne, aussi bien en quantité, qu’en qualité”, explique la représentante pays de l’ONUDI.

Outre l’unité de production, le site dispose, en effet, d’une pépinière de cannes à sucre spécialement sélectionnées du fait de leur taux de concentration en sucre et de la vitesse de croissance. Des plants mis à disposition des planteurs. En visite sur place, en mai, Edgard Razafindravahy, ministre de l’Industrialisation, du commerce et de la consommation, a pu constater la bonne marche de l’usine lors d’un essai technique.

Comme l’a souligné la directrice générale de MEO et la représentante pays de l’ONUDI, concrétiser la mise en place de l’usine et parvenir à la phase de production n’a pas été un long fleuve tranquille. Après plusieurs années d’arrêt, le projet est enfin pleinement opérationnel. Le matériel pour le montage de l’usine est arrivé en 2016. Diverses péripéties accentuées par la crise sanitaire ont bloqué le projet. Une intervention du ministre Razafindravahy a été nécessaire pour qu’il reprenne, en début d’année.

Dans sa prise de parole, Andry Rajoelina, président de la République, a déclaré, “je tenais personnellement à me rendre ici pour marquer ma volonté d’industrialiser Madagascar”. Il a, également, mis l’accent sur l’effet pourvoyeur d’emploi d’un tel projet.

Andry Rajoelina appréciant la qualité du sucre

Booster la production locale

Une quarantaine d’ouvriers, dont dix qualifiés s’affairent et se relaient vingt heures par jour dans l’usine. Outre ces emplois directs, des dizaines de fa­milles de la commune d’Ambalakida. Des familles de planteurs qui cultivent la canne à sucre sur 45 hectares de terrain.

Un représentant des cultivateurs de canne qui a pris la parole durant la cérémonie d’inauguration a affirmé qu’il y a 5.000 hectares de terrain cultivable dans la commune. “Nous sommes prêts à travailler, à produire autant qu’il faudra pour faire tourner cette usine et améliorer nos conditions de vie, à diversifier nos activités agricoles. Nous avons juste besoin d’un soutien matériel de l’État”, a-t-il lancé face au locataire d’Iavoloha et sa suite. Il a même cité son souhait et celui de ceux qu’il représente “d’avoir quatre tracteurs”.

Dans sa réponse, le président de la République a fait le rapprochement avec le défi de parvenir à l’autosuffisance alimentaire du pays. “Face à la conjoncture mondiale [citant au passage les conséquences de la guerre en Ukraine avec ses conséquences inflationnistes sur les produits d’importation] notre challenge de produire localement tout ce dont le pays a besoin est plus qu’opportun”, souligne Andry Rajoelina.

Le Président ajoute, “pour atteindre l’autosuffisance alimentaire du pays, ce sont les agriculteurs qui sont nos soldats. Leurs munitions sont les terres, les équipements agricoles [faisant allusion aux tracteurs voulus par les agriculteurs d’Antanamifafy], ou encore les semences”. Sur sa lancée, Andry Rajoelina a partagé qu’ il vient justement de procéder à la remise de dix mille certi­fi­cats fonciers dans la commune Tsaramandroso, sise dans le district d’Ambato Boeny.

Toujours dans la ligne du défi de produire localement ce dont la population a besoin au quotidien, le Chef de l’État note que l’usine de l’entreprise MEO est une matérialisation du programme ODOF, que le ministère de l’Industrialisation, du commerce et de la con­- sommation décline en pépinière industrielle pour toucher jusqu’au niveau des communes.

La sucrerie d’Antanamifafy a fait le choix de faire du sucre roux d’une qualité supérieure. Il peut en produire jusqu’à 4,5 tonnes par jour et a une capacité totale de production de 675 tonnes par an. Une quantité qui peut couvrir les besoins de la région Boeny.

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