De passage à Madagascar, le président de la Confédération Africaine de Football a dressé un bilan de la CAN. Il évoque également la situation actuelle au sein de l'institution.
La Coupe d'Afrique des Nations 2019 vient de se terminer. Quel bilan dressez-vous de cette première édition à vingt-quatre équipes ?
Mon programme de campagne souligne que les présidents de Fédérations à mes côtés voulaient du changement. On a évalué les secteurs qui nécessitaient ces changements. On a également modifié notre approche, en consultant l'avis de toutes les parties prenantes du football en Afrique. C’est la raison pour laquelle le symposium de Rabat a été organisé. La CAN à vingt-quatre, c'était un véritable défi. D'un côté, il y a les grandes nations du football, que tout le monde veut voir à la phase finale de la CAN. Or, ces derniers temps, certaines d'entre elles n’arrivent pas à se qualifier. De l'autre, il y a les pays émergents du football, qui ont fourni d'énormes efforts. Aujourd'hui, tout le monde reconnait que passer à vingt-quatre équipes était la meilleure décision à prendre. Il a été prouvé que les grandes nations furent présentes, au même titre que les pays émergents. On a déplacé l'événement en juin, car les joueurs n'étaient pas sereins de quitter leurs clubs respectifs en janvier. Toutes les compétitions internationales se jouent à la fin de la saison. Il n'y a aucune raison que l'on s'entête à maintenir la CAN au mois de janvier. Tout cela pour confirmer que c'était une bonne décision. Concernant les revenus, la commercialisation du tournoi s'est étalée sur cinq mois et on a obtenu 25% de revenus en plus. Avant, on avait quatre sponsors internationaux, cette fois-ci, il y en a eu neuf. Avant, les partenaires locaux octroyaient à peine cinq cent mille dollars, cette fois-ci, le montant s’est élevé à cinq millions de dollars.
Quel a été l'apport de la VAR, qui a été utilisée pour la première fois à la CAN ?
Après mon élection, on avait utilisé la VAR lors du premier tournoi qu'on a organisé, à savoir le CHAN. On a également sollicité la VAR dans d'autres compétitions, notamment en finale de la Ligue des Champions et en Coupe de la CAF, cette année. Il y a eu des dysfonctionnements, certes. Mais je précise que recourir à la VAR n'est pas une décision à prendre à la légère. On en a débattu avec les techniciens de la CAF, puis on a consulté les hauts responsables de l'arbitrage à la FIFA. Il faut être prudent. Je compare cela à un pilote d'avion, qui doit accumuler un certain nombre d'heures de vols. C'est pareil pour l’arbitre, lequel doit avoir un certain nombre d'heures d'utilisation de la VAR. Avant la CAN, seuls quatre arbitres étaient aptes à faire usage de l'assistance vidéo. Aujourd'hui, ils sont seize. Et encore, deux arbitres européens nous ont assistés durant cette CAN. Lors de la finale, le grand patron de l'arbitrage à la FIFA était présent. Comme quoi il faut s'entraider pour maîtriser cet outil.
En évoquant la Ligue des Champions, comment justifiez-vous la modification de la formule de la finale, avec désormais une seule rencontre et sans matches aller et retour ?
Il y a toujours eu des problèmes avec l'organisation de la finale retour. Il fallait initier des investigations, revoir l'historique et évaluer les risques. En fin de compte, on a pris la décision de jouer une finale unique. Le choix du terrain se fait sur appel à candidature. Pour la saison prochaine, nous dévoilerons prématurément la ville qui accueillera la finale. Et ce, afin d'éviter de mauvaises interprétations, comme quoi le choix aurait pu être fait pour avantager un club ou un autre. Prenez l'exemple de l'UEFA. Quand une ville est choisie, la décision est maintenue coûte que coûte, peu importe si c'est le club de cette ville qui joue la finale. C'était notamment le cas de la Ligue des Champions en 2012. Il y a plusieurs critères permettant de déterminer la ville hôte de la finale, comme l'état de la pelouse ou encore l'affluence des supporters. Un groupe d'étude se penchera sur la question, afin de nous assurer du meilleur choix.