Équivalence des diplômes délivrés par les États membres de la Francophonie, volonté d’adapter l’Enseignement aux besoins de l’économie… Bref, au cœur des Conférences d’éducation se situe la préparation des jeunes à la vie réelle. C’est ce que l’on peut lire dans l’étude réalisée par Alain Escaro, publiée dans la revue universitaire Omaly sy Anio en 1979, et intitulée « La politique extérieure du gouvernement Ramanantsoa vue par Lumière ». L’hebdomadaire revient sur certaines actualités de décembre 1971 et début 1972. La synthèse du Colloque des enseignants de français qui prend fin le 21 décembre 1971, fait état des réformes de cet enseignement et de la formation des maîtres. Les problèmes de l’Enseignement, dans le cadre de la Francophonie sont aussi posés durant la session à Antananarivo du Conseil africain et malgache de l’Enseignement supérieur, qui est suivie de la Conférence des ministres des pays francophones, en février 1972. L’hebdomadaire catholique pose alors le problème fondamental débattu dans ces différentes rencontres et qui se résume à une question : comment adapter l’Enseignement- qui fait plutôt jusqu’alors la preuve de son échec- aux réalités concrètes du pays où vit l’enfant et l’adolescent que l’on entend former ? Lumière apporte sa réponse : « Former des hommes pleinement intégrés dans leur milieu social et dans leur nation en recherche de développement : tel est bien le but de toute éducation. » Réponse illustrée par le Dossier de la semaine consacré à « la formation au développement dans l’Enseignement à Madagascar ». La prise de conscience de l’échec d’un enseignement issu de la politique de coopération inadaptée aux réalités sociales, économiques et nationales, semble bien « vive dans l’hebdomadaire en février 1972 ». Puis, ces informations sont reprises dans le numéro du 5 mars. Celui-ci relate également les résultats de la réunion mixte franco-malgache de l’Enseignement supérieur : le gouvernement français s’engage à donner son appui aux orientations du gouvernement malgache (développer l’Enseignement supérieur et les formations technologiques professionnelles, former des enseignants, malgachiser l’Université). Le 17 février, le recteur de l’Université de Madagascar indique, dans son intervention au Colloque du Cames, que l’Université doit se garder de la « tentation isolationniste » et que les enseignements doivent s’adapter aux réalités et aux besoins de Madagascar. Le 19 mars, on apprend par Lumière que le ministre des Affaires culturelles, Laurent Botokeky, obtient de la France, pour la prochaine rentrée, 252 enseignants, « pour répondre aux besoins d’une assistance, non plus de substitution mais de formation ». Et que « dans l’enseignement secondaire, soixante postes ont été malgachisés, chiffre record depuis l’Indépendance ». Ces mêmes thèmes reviennent à propos du Colloque international sur les plantes médicinales en avril 1972. Pourtant, critique l’hebdomadaire catholique, « malgachisation certes, mais aide, donc implantation accrue de la France et maintien des relations étroites avec les autres États francophones ». Parallèlement, la dépendance économique vis-à-vis de la France est stigmatisée par la publication de la Charte du développement, le 23 janvier 1972. Dans un article titré « Le chantage du développement », un autre commentaire de Lumière « récuse la thèse de l’assistance technique et de la coopération nuisible à la prise de conscience des populations des pays en développement ». Le journal indique que, primo, le peuple qui a du mal à se nourrir, ne peut changer les structures. Secundo, le développement ne peut se concevoir que dans un acte international. Tertio, « cette aide apporte des capitaux et des moyens dont l’acquisition, dans le cas contraire, alourdirait dangereusement le budget de l’État ». Toutefois, ajoute le journal, pour qu’elle soit « positive », cette aide doit servir « à l’intérêt du peuple » et non « à une petite féodalité de profiteurs ». Marius Razafindrakoto aborde, pour sa part, dans le numéro du 13 février, la malgachisation de l’économie, à propos de l’accord État-Scoa (ancienne Compagnie lyonnaise de Madagascar). Il exprime les idées de la « race nouvelle »- des jeunes qui sont généralement passés par les grandes écoles françaises et qui ne tiennent ni du fonctionnaire, ni de la promotion interne ». Il estime que « les rapports État malgache-entreprises privées étrangères vont s’exercer dans le cadre de l’affrontement capitaliste traditionnel et que, par conséquent, aux rapaces étrangers, il faut opposer des rapaces malgaches plus précisément la race nouvelle ». Et de conclure : « Il faut leur faire confiance. »
Équivalence des diplômes délivrés par les États membres de la Francophonie, volonté d’adapter l’Enseignement aux besoins de l’économie… Bref, au cœur des Conférences d’éducation se situe la préparation des jeunes à la vie réelle. C’est ce que l’on peut lire dans l’étude réalisée par Alain Escaro, publiée dans la revue universitaire Omaly sy Anio en 1979, et intitulée « La politique extérieure du gouvernement Ramanantsoa vue par Lumière ». L’hebdomadaire revient sur certaines actualités de décembre 1971 et début 1972. La synthèse du Colloque des enseignants de français qui prend fin le 21 décembre 1971, fait état des réformes de cet enseignement et de la formation des maîtres. Les problèmes de l’Enseignement, dans le cadre de la Francophonie sont aussi posés durant la session à Antananarivo du Conseil africain et malgache de l’Enseignement supérieur, qui est suivie de la Conférence des ministres des pays francophones, en février 1972. L’hebdomadaire catholique pose alors le problème fondamental débattu dans ces différentes rencontres et qui se résume à une question : comment adapter l’Enseignement- qui fait plutôt jusqu’alors la preuve de son échec- aux réalités concrètes du pays où vit l’enfant et l’adolescent que l’on entend former ? Lumière apporte sa réponse : « Former des hommes pleinement intégrés dans leur milieu social et dans leur nation en recherche de développement : tel est bien le but de toute éducation. » Réponse illustrée par le Dossier de la semaine consacré à « la formation au développement dans l’Enseignement à Madagascar ». La prise de conscience de l’échec d’un enseignement issu de la politique de coopération inadaptée aux réalités sociales, économiques et nationales, semble bien « vive dans l’hebdomadaire en février 1972 ». Puis, ces informations sont reprises dans le numéro du 5 mars. Celui-ci relate également les résultats de la réunion mixte franco-malgache de l’Enseignement supérieur : le gouvernement français s’engage à donner son appui aux orientations du gouvernement malgache (développer l’Enseignement supérieur et les formations technologiques professionnelles, former des enseignants, malgachiser l’Université). Le 17 février, le recteur de l’Université de Madagascar indique, dans son intervention au Colloque du Cames, que l’Université doit se garder de la « tentation isolationniste » et que les enseignements doivent s’adapter aux réalités et aux besoins de Madagascar. Le 19 mars, on apprend par Lumière que le ministre des Affaires culturelles, Laurent Botokeky, obtient de la France, pour la prochaine rentrée, 252 enseignants, « pour répondre aux besoins d’une assistance, non plus de substitution mais de formation ». Et que « dans l’enseignement secondaire, soixante postes ont été malgachisés, chiffre record depuis l’Indépendance ». Ces mêmes thèmes reviennent à propos du Colloque international sur les plantes médicinales en avril 1972. Pourtant, critique l’hebdomadaire catholique, « malgachisation certes, mais aide, donc implantation accrue de la France et maintien des relations étroites avec les autres États francophones ». Parallèlement, la dépendance économique vis-à-vis de la France est stigmatisée par la publication de la Charte du développement, le 23 janvier 1972. Dans un article titré « Le chantage du développement », un autre commentaire de Lumière « récuse la thèse de l’assistance technique et de la coopération nuisible à la prise de conscience des populations des pays en développement ». Le journal indique que, primo, le peuple qui a du mal à se nourrir, ne peut changer les structures. Secundo, le développement ne peut se concevoir que dans un acte international. Tertio, « cette aide apporte des capitaux et des moyens dont l’acquisition, dans le cas contraire, alourdirait dangereusement le budget de l’État ». Toutefois, ajoute le journal, pour qu’elle soit « positive », cette aide doit servir « à l’intérêt du peuple » et non « à une petite féodalité de profiteurs ». Marius Razafindrakoto aborde, pour sa part, dans le numéro du 13 février, la malgachisation de l’économie, à propos de l’accord État-Scoa (ancienne Compagnie lyonnaise de Madagascar). Il exprime les idées de la « race nouvelle »- des jeunes qui sont généralement passés par les grandes écoles françaises et qui ne tiennent ni du fonctionnaire, ni de la promotion interne ». Il estime que « les rapports État malgache-entreprises privées étrangères vont s’exercer dans le cadre de l’affrontement capitaliste traditionnel et que, par conséquent, aux rapaces étrangers, il faut opposer des rapaces malgaches plus précisément la race nouvelle ». Et de conclure : « Il faut leur faire confiance. »