Océan indien

La Réunion – Longue réclusion pour le meurtrier d’Hubert Rasolon

Les proches d’Hubert Rasolondramanitra espèrent toujours que les autorités malgaches mettent la main sur son meurtrier.

Le procès de Henintsoa Zotsinampoisina dit Ntsoa aura été bouclé en moins d’une matinée. La procédure dite de défaut criminel diffère sensiblement d’un procès d’assises classique.

HenintsoaZotsinam­poisina dit Ntsoa, un ressortissant malgache en cavale dans son pays, a été jugé malgré son absence. Ensuite, il n’y a eu ni témoins, ni experts à entendre, avant-hier matin, mis à part le médecin qui a réalisé l’autopsie d’Hubert Roger Rasolondramanitra, la victime qui a été poignardée à mort dans sa résidence secondaire de Tananarive, lors d’un séjour en juillet 2014.

Autre spécificité de cette procédure : il n’y avait pas non plus de jury populaire. Les magistrats dionysiens ont donc examiné seuls cette affaire révélée à l’époque par Le Journal de l’Île. L’avocate générale Emmanuelle Barre était bien placée pour en parler. C’est elle-même, alors procureure-adjointe du parquet de Saint-Denis, qui avait ouvert une information judiciaire pour meurtre.

La victime, un chef-comptable retraité de 66 ans, faisait des allers-retours réguliers entre son appartement de La Possession et sa propriété nichée dans la localité d’Ambohidrapeto, près de la capitale malgache.

Brancard de fortune
C’est au début d’un énième séjour censé durer un mois qu’il avait été agressé par son homme à tout faire, dans son lit, au réveil. Sa prise en charge par les secours avait été chaotique. Il avait trouvé refuge chez Rémi Marchal, son cousin et voisin. Aucune ambulance n’étant disponible, il avait été conduit sur un brancard de fortune en taxi à l’hôpital où le scanner était en panne…
Hubert Rasolondramanitra avait finalement été transféré dans une clinique privée où il avait été rapidement décidé de le faire rapatrier en urgence par avion à La Réunion. C’est au CHU de Saint-Denis qu’il a finalement succombé à ses blessures. Selon le médecin légiste, l’homme a été poignardé plus de dix fois. Il a aussi reçu un violent coup ayant causé une fracture du crâne. Sans doute porté à l’aide d’un bâton retrouvé sur place.

Un meurtre destiné à dissimuler un vol
« La multiplicité des coups et des moyens utilisés démontrent l’intention de tuer, estimait hier Emmanuelle Barre. C’est un meurtre destiné à dissimuler un vol ». Celui d’une chaîne en or que les proches de la victime lui avait déconseillé de porter à Tana… ainsi que de 300 euros. Ntsoa avait déjà été surpris en train de voler. Des marmites, des assiettes ou encore des outils de son patron auprès duquel il avait aussi contracté une dette pour assouvir son penchant pour la boisson.
L’auteur des faits avait fait une autre victime. Noro, la bonne d’Hubert Rasolondra­manitra, avait surpris le meurtrier en train de s’acharner sur sa victime au matin du 22 juillet 2014.

Ntsoa s’était alors rué sur la femme de ménage pour la blesser superficiellement à la gorge et plus gravement à la jambe, avant de prendre la fuite avec son butin. Les enquêteurs savent qu’il est parti se réfugier chez sa petite amie qui a bien vu les traces de sang et de blessures de défense sur ses bras. Le meurtrier a ensuite poursuivi sa cavale avec la complicité d’autres proches.

© JIR

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter