Economie

Exportation – La diplomatie économique au service des huiles essentielles

Marketing diplomatique pour l’intérêt économique. C’est l’objectif fixé par l’étude présentée à l’École Nationale de l’Administration à Androhibe. Intitulé « Projet d’orientation de la diplomatie économique vers le renforcement des chaînes de valeur pour l’industrialisation durable à Madagascar ». L’étude effectuée en vue de la validation des acquis en hautes études en administration, dans la branche diplomatie et relations internatio­nales, préconise l’application agressive du service de négociations économiques internationaux de la Grande île. « La plupart du temps, les politiques restent passifs par rapport aux opportunités que nous avons dans les accords et autres groupements commerciaux. Au-delà des promotions de l’image du pays en terme d’ouverture de marché ainsi que le renforcement des chaînes de valeur de chaque filière à potentiel, il est aussi impératif que la diplomatie joue un rôle de négociation pour valoriser nos produits et producteurs dans les échanges commerciaux internationales », explique Andry Ramilijaona, manager de Funtana, société œuvrant dans la commercialisation des produits du terroir et membre de l’équipe ayant effectué l’étude. Pour appuyer ses recherches, ce dernier évoque le cas de la filière huiles essentielles. Le secteur qui, malgré la forte demande sur le marché international ainsi que la multitude de variétés de produits existant à Madagascar, peine pourtant à contribuer à l’indus­- trialisation durable du pays.

Transformation
«Le marché mondial des huiles essentielles est en pleine expansion. Malheureusement, Madagascar n’arrive pas à satisfaire la demande mondiale dans la mesure où la majorité de la production malgache s’effectuent toujours de façon traditionnelle avec peu de respect sur le volet des normes. Il est impératif que nous cessions d’exporter du brut. La transformation est de mise pour développer la notion d’industrialisation du pays », ajoute ce responsable. Une façon pour Andry Ramilijaona de mettre l’accent sur l’existence des institutions de promotion commerciale qui œuvre déjà en ce sens à l’image du bureau des normes ou encore l’économic dévelopment board.

Le pays abrite une nature riche propices à la production d’huile à grande échelle. « À Madagascar, on peut compter près de douze mille espèces dont soixante-dix sont exploitables pour extraire des huiles essentielles. Les huiles essentielles de Madagascar sont connues pour leur qualité. Le pays gagnerait sur toutes les lignes à renforcer la chaîne de valeur de cette filière bio verte depuis les organisations agricoles, jusqu’aux négociations sur le marché international en passant par l’amélioration du système local de transformation. Et c’est surtout à ces stades de négociations internationales que la diplomatie économique doit être renforcée », conclut Hanta Raboanary, du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche