Notes du passé

Les IST multiplient les risques de contamination au VIH

Dans toutes les régions à vocation touristique, la prévention contre les IST doivent être renforcées.

«Sachant que la présence d’IST (infections sexuellement transmissibles) démultiplie des dizaines de fois les chances de contamination par le VIH, on mesure l’ampleur des risques auxquels la population est exposée » (étude menée par Focus Development Association vers la fin du XXe siècle, lire précédente Note). Ces risques sont d’autant plus amplifiés qu’aucune indication ne semble laisser apparaitre la conscience d’une telle relation entre IST et VIH chez la population en général.
En outre, le faible recours à de moyens efficaces de prévention des IST, même parmi ceux qui sont informés sur ces infections et sur ces moyens, dénote l’insuffisance de motivation à prévenir les maladies. À l’époque, le taux d’utilisation de capotes n’atteindrait même pas 0,5 capote par personne par an à Madagascar alors qu’il serait de quatre capotes par personne et par an aux USA.

Revenant sur les anciennes campagnes de lutte contres les IST appelées « Dispensaire des maladies vénériennes » qui datent de la période coloniale, en 1922, l’étude se demande, « compte tenu des résultats constatés, s’il ne fallait pas revoir les stratégies adoptées pour tenir davantage compte de certaines particularités des groupes cibles ». Selon les enquêteurs de Focus, des conversations avec des personnes bien informées amènent à y penser, sur la base d’un exemple pris dans une région du Sud.

À Amboasary, en effet, les IST sont qualifiées de « zanatany » ou fils du territoire, ou « aretin-dahy » (maladie d’hommes). Et ce, pour signifier que ces maladies « font partie de leur environnement quotidien ». Et d’expliquer : « Cette population locale étant caractérisée par une pauvreté ambiante, une permissivité sexuelle assez marquée, une phallocratie prononcée et un analphabétisme relativement significatif, la dimension du défi à relever s’impose d’elle-même. » Et
l’expression « aretin-dahy » laisse comprendre que la population ignore que les femmes aussi sont atteintes d’IST.

Pour compliquer la situation, les jeunes entrent en activités sexuelles à des âges de plus en plus précoces (10-14 ans), situation qui découle d’un « environnement subversif » sur lequel les parents « se sentiraient impuissants ». Ainsi de la libéralisation des films pornographiques dans les salles de vidéo qui fleurissent à l’époque, la recherche par les hommes de très jeunes filles comme partenaires sexuelles, la lutte de survie contre la pauvreté, la prolifération de bals de jeunes, la compétition entre les jeunes pour pouvoir suivre la mode.

« Il est entendu que ces jeunes adolescents auraient de la difficulté à accéder à des moyens payants et efficaces de prévention contre les IST/sida et qu’ils n’auraient pas assez de pouvoir pour imposer à leurs partenaires des choix alternatifs. » Ce qui les pousse vers les groupes qui ont de grands risques d’avoir des partenaires multiples durant leur adolescence, avec tout ce que cela comporte de risques accrus d’être contaminés par les IST dont le VIH. Des défis sont ainsi relevés pour offrir à ces jeunes des alternatives valables qui leur permettent de se protéger contre les IST/sida.

L’étude parle aussi du tourisme qui constitue un des piliers de la relance économique malgache et engendre des contacts de personnes de passage, de tout acabit, issus de différents continents, avec les populations locales. En l’absence de mesures de prévention, les risques sont grands pour que certains visiteurs véhiculent, «consciemment ouinconsciemment», les virus d’une région à une autre.

L’étude souligne aussi que le paludisme et la tuberculose sont des « maladies opportunistes » du VIH/sida et elles figurent parmi les principales causes de morbidité, sinon de mortalité, de la population malgache. Les grands efforts qui sont investis dans leur prévention et dans leur traitement, « sont autant d’investissements pour prévenir le VIH/sida qui ne devrait pas être considéré en concurrent dans les allocations de ressources ».

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