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ANTSIRANANA – Des forêts saines pour protéger les sources d’eau

Les communautés locales transportent les jeunes plants avec les moyens de bord.

La célébration de la Journée internationale des forêts a eu, cette année, sa propre marque distinctive. Elle s’est concentrée sur l’entretien du bassin versant de la Jirama à Besokatra, car l’eau c’est la vie. Pour la  ville  d’Antsiranana, elle provient  de plusieurs kilomètres.

Un acte, pas un discours. Le projet Kobaby organise un reboisement à des fins de restauration des fonctions hydrologiques du bassin versant de Besokatra. La situation de ce bassin, à la périphérie du parc Montagne d’Ambre, est devenue critique à cause des activités de défrichement et la culture de khat faite par les communautés, sur de fortes pentes et en amont d’infrastructures de captage d’eau potable de la Jirama. Vu l’importance de la forêt dans la vie des êtres vivants, le thème choisi pour 2023 est orientée sur « Les forêts saines pour des populations en bonne santé ».Sans tambour ni trompette, ceux qui sont prêts à sauver leurs prochains, se sont donné rendez-vous, dès la première heure, à Besokatra, dans la commune rurale de Joffre-ville où se trouve le bassin de captage de la Jirama, bordé et entouré de plantations de khat. L’accès est difficile, le chemin, avec des pentes et descentes dangereuses, est glissant. Il faut aussi patauger dans l’eau jusqu’aux genoux pour arriver au site de reboisement, en amont et en aval du bassin, certains reboiseurs, surtout les femmes, se sont blessés en glissant en
raison de l’humidité, mais pour eux, c’est le sens du devoir qui prime.
Malheureusement, le nombre de personnes venues marquer cette journée internationale n’est pas en rapport avec le nombre de personnes qui ont besoin de profiter des sources de Besokatra. Outre le personnel de la direction régionale de l’Environnement et du développement durable et celui du projet Kobaby, initiateur de l’évènement, ainsi que quelques représentants des partenaires, les communautés locales ont été représentées par une minorité de gens de bonne volonté. Mention particulière pour la présence des élèves du collège d’enseignement général de Joffre-ville, conduits par leur directrice.

Des plants de raphia

Sur le chemin, transportant des paniers pleins de jeunes plants, ils ont croisé des planteurs qui portent sur leurs épaules des paquets de khat à livrer aux collecteurs, dans la ville de Joffre-ville.La  journée s’est voulue être vecteur de sensibilisation du grand public. Les populations sont invitées à engager des efforts au niveau local afin d’organiser des activités autour des forêts et des arbres dont des campagnes de plantation d’arbres. Pour ce faire, deux mille quatre cents  jeunes plants ont été mis en terre dont la moitié de raphia financés par le projet  Kobaby, et  l’autre moitié d’espèces forestières fournies par la Graine de vie. Le choix des espèces, comme le raphia, s’est fait en fonction de leur propriété d’améliorer la capacité d’infiltration du bassin versant de Besokatra, et du fait de leur origine locale, donc adaptées au site.

Les sources menacées

Actuellement, que ce soit les riverains de Besokatra ou ceux de l’extérieur du bassin, tout le monde constate  que l’eau de cette source diminue. Même durant la saison des pluies, la population d’Antsiranana souffre  actuellement d’une crise d’eau. Cependant, ce Besokatra est la seule source qui alimente en eau cette  ville. « Auparavant, quand j’avais neuf ans, le niveau de l’eau était à la hanche quand on y traversait pour s’occuper de nos bétails. Maintenant, j’ai 16 ans, et le niveau m’arrive en dessous du genou »,  témoigne un étudiant du CEG Joffre-ville.

Ce ne sont pas des jeunes plants mais des paquets de khat que transportent ces hommes.

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