Editorial

Sans boussole

Quelle consigne croire, quelle instruction suivre? C’est un peu la pagaille dans l’application des mesures sur l’état d’urgence sanitaire. C’est bien d’avoir installé le centre de commandement de la lutte anti-coronavirus au Mining Business center à Ivato, c’est bien que tous les ministres parlent mais il faut une certaine cohérence dans les interventions. Chaque ministre prêche pour sa paroisse et interprète à sa façon les mesures prises par le Président. La population est ainsi complètement désorientée. Quand on rajoute les décisions prises par la commune urbaine d’Antananarivo, par le préfet de la capitale, le commandement militaire, le coordonnateur général du centre de commandement de la lutte contre le coronavirus, on ne s’y retrouve plus. Quand le président de la République souligne que les grandes surfaces, les grossistes, les épiceries peuvent ouvrir sans restriction que les marchés de fokontany ouvrent de 8 à 12.00 et qu’un seul membre de la famille peut faire les courses, les forces de l’ordre ont compris que tout doit fermer à midi et chassent les contrevenants avant de fermer la circulation.

Quand le préfet dit que la circulation des personnes est réglementée pour ceux qui doivent aller au marché, le commandement à Ivato le contredit et souligne que la circulation des gens est interdite. A se demander pour qui on a laissé ouvert les grandes surfaces et les épiceries ?

Quand le préfet annonce que seules trois personnes peuvent se retrouver dans une voiture, Ivato limite à deux personnes les passagers d’un véhicule autorisé à circuler. On a du mal à comprendre pourquoi on laisse certaines entreprises travailler alors que la circulation des gens est interdite. Pourquoi avoir laissé les journaux travailler et chasser par la suite les crieurs dans la rue ? Un minimum de logique est nécessaire pour que l’affaire ne tourne pas en cacophonie. Un seul porte parole serait mieux pour une seule lecture, claire et nette des communications au lieu de plusieurs interlocuteurs dont certains pérorent leurs prédécesseurs.

L’efficacité des mesures prises dépend d’abord de leur clarté et de leur précision. Pour le moment, les autorités y vont de leur interprétation alors que les gouvernés lisent, écoutent et comprennent comme ils l’entendent. Il va sans dire qu’on a du mal à imposer le confinement intégral en totale contradiction avec la liberté accordée au secteur privé de continuer à fonctionner et à la population de pouvoir se ravitailler. Il faut savoir exactement ce qu’on veut pour que cela ne part pas dans tous les sens. On ne peut pas pour le moment intégrer les courses dans le télétravail.

1 commentaire

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  • Et quand on leur fait remarquer cette incohérence, les dirigeants et leurs partisans inconditionnels répliquent que ce n’est pas le moment de critiquer, c’est un dialogue de sourds