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Etat d’urgence sanitaire – Les quartiers populaires se moquent du confinement

Une  foule  de  piétons  observée  à  Ambodivona  durant la  deuxième  journée  du  confinement

Le coronavirus s’invite à Madagascar. Les mesures de confinement durant quinze jours s’appliquent à Antananarivo, dans toute la région Analamanga ainsi qu’à Toamasina I et II pour éviter sa propagation. Pour la deuxième journée, les gens prennent à la légère les dispositions édictées par le président Andry Rajoelina dans sa déclaration à la nation, dimanche. La circulation des personnes aussi bien dans les grandes villes que sur la route nationale, l’enseignement et tout rassemblement public sont interdits. Cependant, les quartiers populaires se moquent bien de ce que le Chef de l’État a ordonné. Le confinement à domicile est moins observé. La plupart des gens préfèrent se balader dans la rue et poursuivent les activités au quotidien.

Le marché d’Andravoahangy est le carrefour des affaires. Vers 5 heures, hier matin, les marchands et les vendeurs se rencontrent sur le lieu. La situation d’exception revient à la normale à cet instant. Les visiteurs écartent l’idée d’une l’éventuelle propagation de l’épidémie. Toute mesure de prévention est complètement oubliée, entre autres, se tenir à une distance d’un mètre, ou le port de cache-bouche. Tout autre geste à risque n’est guère pris en considération.

Vers 6 heures, la route d’Ambodivona était très animée. Les mains d’œuvre se préoccupent de leur travail journalier. Une caravane de charrettes circule sans souci pour livrer des marchandises. Des marchands en provenance d’Ambatobe, Ambohitrarahaba, Amboditsiry, Analamahitsy viennent également au marché pour s’approvisionner. « Je ne peux pas rester les mains croisées. Chez moi, je ne trouve pas de moyens pour nourrir ma famille. Si je vais au marché, je gagnerai au moins 1 000 ariary. C’est mieux que rien », explique une mère de famille, habitant à Analamahitsy. Dans les rangs des tireurs de charrettes, la suspension des activités commence à se faire sentir dans leur situation économique. « La course et la livraison des marchandises baissent depuis la perturbation du marché, samedi matin », regrette un docker.

Vers 10 heures, des personnes occupent la place publique à Anjanahary. Elles s’exposent au soleil et profitent de la rencontre pour discuter. Elles font comme si de rien n’était par rapport aux efforts entrepris par le gouvernement pour lutter contre la pandémie. Pour d’autres, les mesures de confinement se traduisent par un repos collectif ou un week-end prolongé. Personne ne se soucie du danger imminent encouru face à la présence du coronavirus dans le pays.

Alors que l’état d’urgence sanitaire est décrété sur tout le territoire depuis samedi, le mode de vie de la plupart des gens n’a quasiment pas changé. Beaucoup sont inconscients du danger qui menace le pays. Le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, Tianarivelo Razafimahefa, en marge de l’émission « Miaramanonja » diffusée, hier, a réitéré le message « restez chez vous. Ne sortez pas de chez vous sauf en cas de besoin urgent. C’est ce qu’on demande à tous et c’est le sens du patriotisme ».

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  • C’est vraiment triste que les Malgaches ne suivent pas ce que les autorités disent sur le coronavirus.Le jour ou des membres de leur famille ou des amis seront mort, la ils vont pleurer,dommage .