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Coronavirus – Les mesures de confinement se durcissent

La  population  étant  très  indisciplinée,  des  mesures  strictes s’imposent.

Les autorités haussent le ton contre le non-respect du confinement. Un durcissement de ton qui se traduit sur terrain par un déploiement massif des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Confine­ment total. Hormis les cas exceptionnels, cette mesure s’applique à la région Analamanga et les communes de Toamasina I et II. Une situation d’exception martelée par les autorités politiques et admi­nis­tratives, hier.

Face au non-respect des mesures de confinement, les responsables étatiques durcissent le ton. À tour de rôle, ils ont rappelé les mesures sanitaires en vigueur. C’est Tianarivelo Razafimahefa, ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, qui a lancé la première salve. Sur le plateau du « Miara-manonja », celui qui préside le Centre de commandement opérationnel Covid 19, sis à Ivato, souligne que « le confinement est de rigueur dans les zones concernées. Personne ne doit pas sortir ».

Visiblement scandalisé par le comportement des habitants de la capitale, notamment, le ministre de l’Intérieur rappelle que la seule exception au confinement est d’aller s’acheter des vivres. Sur ce point, il rappelle que les magasins non-essentiels n’ont pas l’autorisation d’ouvrir et que les épiceries, notamment, doivent fermer à midi. Seules deux personnes, par voiture, sont autorisées et une seule personne pour les motos.

« Sauf autorisation exceptionnelle, personne n’a le droit d’entrer, ni de sortir de ces zones en confinement », ajoute le ministre Razafimahefa. Un message adressé à ceux qui auraient l’intention de quitter Analamanga et Toamasina pour rejoindre d’autres localités. Les autorisations spéciales sont délivrées par le centre de com­mandement opérationnel. À l’entendre, aucun véhicule, particulier ou d’entre­prise, ne pourra circuler sans « autorisation spéciale », délivrée par le centre d’Ivato.

Indiscipline

Joël Randriamandranto, ministre des Transports, affirme également la suspension de tout vol en partance ou à destination d’Antana­narivo et de la capitale de la région Antsinanana, durant la période de confinement. Des autorisations spéciales seront nécessaires pour les évacuations sanitaires, ou pour tout autre cas exceptionnel ajoute-t-il. Comme l’a indiqué Andry Rajoelina, dimanche, les entreprises privées peuvent, toutefois, maintenir leurs activités. Pour limiter le plus possible la circulation des personnes, Gisèle Ramampy, ministre du Travail et des lois sociales, soutient toutefois, que les sociétés doivent assurer le transport de leurs employés. Elles se doivent également de respecter les normes sanitaires pour préserver la santé des salariés.

Le renforcement de ton chez les autorités politiques se traduit sur terrain, par un déploiement massif des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS). Des officiers généraux dont le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, sont descendus sur terrain pour conduire les opérations. À partir de 14 heures, hier, par exemple, tous les accès au centre ville ont été bloqués. Seuls ceux qui allaient rentrer chez eux pouvaient passer. Le contrôle des usagers de la route ont été renforcés dans les zones industrielles et bureautiques.

« La population est trop indisciplinée. Nous sommes alors, obligés d’imposer l’application des mesures de confinement », explique le ministre Rakotonirina, en action à Antanimena. Dans la matinée, c’était le contrôleur général de police Rodellys Randrianarison, ministre de la Sécurité publique, qui a battu le pavé pour rappeler l’application des mesures de confinement.

Dans l’après-midi d’hier, le général Angelo Ravelo­narivo, préfet de police d’Antananarivo, a réuni les membres de l’Organe mixte de conception. Il y a été question de l’application rigoureuse des mesures sanitaires. Les lieux de réunion et de fête, les magasins non-essentiels seront ainsi, suivis de près. Il brandit le retrait de permis d’exercer et des poursuites pénales contre les récalcitrants.

L’État-major mixte opérationnel (EMMO), prendra en charge l’application de la distance de sécurité d’un mètre, au moins, dans les files d’attente des « Tsena mora ». Selon le préfet Ravelonarivo, « Il y a trop de non-respect de l’obligation de confinement et des mesures sanitaires. Pour les « Tsena mora », la distance de prévention sera rigoureusement appliquée, même s’il faut que les files d’attente atteignent plusieurs kilomètres ».