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Andrafiamena-Andavakoera : Une conservation sur fond de contradictions

C’est durant les débats houleux que l’on a pu constater les désaccords entre les intérêts des partisans de la conservation et les acteurs de l’exploitation aurfères.

Le noyau dur de l’aire protégée de Betsiaka est l’objet d’un litige entre son gestionnaire et les orpailleurs. Un consensus a été trouvé, mais tout dépendra du pouvoir central.

Ces cinq derniers mois, l’aire protégée d’Andrafia­mena-Andavakoera, dans la commune rurale de Betsiaka-Ambilobe, est devenue un champ de confrontation d’intérêts et un théâtre de désaccords entre les orpailleurs et le gestionnaire de la zone. Pour la petite histoire, depuis octobre, quelques communautés ont fait une demande pour exploiter le noyau dur d’Analamosary de façon durable. Or, le site qui  s’étend sur 73  319 ha est déjà classé Aire protégée de Catégorie-V, gérée par l’association Fanamby suivant le décret 2015-761 du 28 avril 2015.

C’est une véritable réserve de biodiversité, dont la richesse naturelle attire de nombreux touristes qui souhaitent découvrir les espèces endémiques de Madagascar, notamment le fameux lémurien « Akomba Jôby » ou « Propi thecus Perrieri », connu également sous le nom de « Propithèque de Perrier ».

Face à cette situation, des responsables régionaux ont effectué plusieurs descentes sur les lieux pour stopper les tentatives. En outre, la ministre de l’Environnement et du développement durable, Raharinirina s’y est déplacée en novembre afin de stopper toutes ces tentatives d’exploitation aurifère, en attendant des décisions gouvernementales.

Néanmoins, après son départ, des orpailleurs ont fait des incursions dans le noyau dur, avec la complicité d’un politicien du district d’Ambilobe. La zone protégée a été la cible d’actes illégaux successifs.Des personnes ont osé pénétrer dans le site d’Andavakoera, après le départ des forces de l’ordre.

À cet effet, depuis le mois décembre jusqu’à ce jour, le gouvernement a décidé d’organiser une mission pour les chasser du site et pour maintenir l’ordre à Andavakoera-Andrafiamena. Le site est actuellement devenu un champ de bataille entre les orpailleurs, qui veulent envahir la zone interdite et le gestionnaire qui a demandé à plus de prise de responsabilité en haut lieu pour résoudre cette situation catastrophique.

Mesures durables

Face à ce problème d’exploitation de l’or dans le noyau  dur Analamosary, l’Organe mixte de conception de la région Diana, conduit par le gouverneur Daodo  Arona Marisiky, a récemment rassemblé à Ambilobe une soixantaine de représentants des acteurs du secteur or, en particulier ceux de la commune rurale de Betsiaka. Lors de cet atelier régional  de concertation et de réflexion  sur la sécurisation et la pérennisation  des actions devant l’exploitation conflictuelle de l’or dans le noyau d’Anala­- mosary, les participants ont discuté des mesures durables à prendre.

Le débat a été houleux car les représentants des orpailleurs de Betsiaka ont violemment insisté sur l’accès libre à l’intérieur de ce noyau dur, tandis que le gestionnaire et l’association Fanamby ont toujours opté sur sa conservation et sa protection. « Selon les textes, toute activité d’orpaillage, de charbonnage, de braconnage, de coupe illicite etc., dans le noyau  dur d’une aire protégée est  un crime environnemental et doit être sévèrement puni par la loi », affirme Mandigny. De leur côté, les orpailleurs ont argumenté sur le maintien de leur gagne-pain car, depuis des années, leur vie dépend de l’extraction de l’or. « Si nous extrayons de l’or,  le  niveau  de vie  de la population change, nous évitons le chômage, limitons les actes criminels », insiste Victor Aimé, un orpailleur de Betsiaka. Finalement, l’atelier s’est terminé par  une décision concertée, mais son effectivité dépendra essentiellement de l’avis du pouvoir central.

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