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SOMMET DE DAKAR – Souveraineté et résilience alimentaire en ligne de mire

Andry Rajoelina est prévu intervenir à la première journée (aujourd’hui) de ce sommet.

Madagascar compte faire entendre sa voix au sommet qui s’ouvre à Dakar, ce jour. Un événement dont le point focal est la résilience alimentaire en Afrique.

Nourrir l’Afrique. Avec ces mots, l’objectif du sommet Dakar est simple et sans ambages. Dans les faits, le défi paraît toutefois encore colossal pour les pays du continent, dont Madagascar.
Concrétiser à court terme et durablement la thématique « Nourrir l’Afrique : Souveraineté alimentaire et résilience », est le but de la vingtaine de chefs d’État, des scientifiques, experts, ou encore des Organisations non gouvernementales qui se donnent rendez-vous dans la capitale sénégalaise cette semaine. Un événement co-organisé par l’Union africaine, (UA), et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Les enjeux sont de taille et aussi réels.
En première ligne des challenges figure celui de briser la spirale infernale de l’insuffisance et de l’insécurité alimentaire. Un défi indissociable avec la nécessaire autosuffisance ou souveraineté alimentaire. Des points qui s’alignent avec les priorités de Madagascar. La Grande île compte justement peser durant ce sommet de Dakar. Raison de la présence sur place de Andry Rajoelina, président de la République. Il est prévu de tenir une allocution lors de la première journée de l’événement, aujourd’hui.
La sécurité et l’autosuffisance alimentaire, couplées à la résilience face aux changements climatiques, font l’objet de fréquents plaidoyers par Madagascar lors de ses rendez-vous internationaux. Ça a été le cas lors du sommet États-Unis-Afrique, à Washington, en décembre. Par la voix du Président Rajoelina, notamment, la Grande île compte revenir à la charge durant le rendez-vous de Dakar.

Grenier du monde

À cause des conséquences des changements climatiques, la vulnérabilité de la Grande île à l’insécurité alimentaire tend à s’accroître. Outre la sécheresse qui gangrène le Sud depuis plusieurs années, les cyclones ravagent les terres agricoles, les récoltes et mettent sur la paille des milliers de ménages. C’est le cas dans des districts du Sud-Est, à l’instar d’Ikongo. Les dégâts infligés aux infrastructures routières déjà mal en point, amplifient les difficultés de collecte et de transport des denrées alimentaires.
Outre les efforts étatiques, le sommet de Dakar mise principalement sur les investissements privés, pour booster l’agriculture sur le continent. « En supprimant les obstacles au développement agricole et en stimulant les investissements du secteur privé, la production alimentaire de l’Afrique pourrait bondir de 280 à 1 000 milliards de dollars par an d’ici à 2030, ce qui réduirait considérablement la faim », soutient le Groupe de la BAD.
Avec 30 millions d’hectares de terres agricoles, dont seulement 10% exploitées actuellement, Madagascar s’aligne parmi les pays africains à fort potentiel en matière d’agriculture. Les objectifs du sommet de Dakar s’alignent d’autant plus aux ambitions de la Grande île, l’autosuffisance et la resilience alimentaire. Il y a aussi à renforcer la production locale afin de limiter autant que possible les importations de denrées alimentaires et même devenir exportateur.
Redevenir le grenier à riz de l’océan Indien et de l’Afrique australe est un objectif de Madagascar. À s’en tenir à une publication du Groupe de la BAD sur les réseaux sociaux, une des ambitions du sommet de Dakar est de faire de l’Afrique le grenier du monde. « Tandis que la population mondiale continue de croître, stimuler la productivité agricole et faire de l’Afrique le grenier du monde arriveraient à point nommé », affirme l’institution financière continentale.
Le vécu de la pandémie causée par la Covid-19, et de la guerre en Ukraine, impose des réflexions pour une redéfinition des pôles du commerce mondial. Il pourrait s’agir du momentum où l’Afrique pourrait jouer durablement sa partition et faire valoir ses atouts, notamment, dans le domaine agricole. Il faudra toutefois arriver à jumeler l’ambition d’exporter ses denrées agricoles, et l’impératif de parvenir à l’autosuffisance alimentaire et sortir sa population de l’insécurité alimentaire. Un challenge réaliste et réalisable. Ce défi nécessite cependant des actions immédiates, des investissements conséquents et des efforts soutenus.

1 commentaire

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  • encore une leçon du PDT qu’il va donner au Monde !!!!……….dont tous s’en fout tellement sa voix porte peu !
    cause toujours PDT et balaie d’abord devant ta porte !