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Editorial

Ana…rchie

Le « cyclone » aura laissé des traces indélébiles partout où il est passé. En particulier dans la capitale où dans la nuit du mardi 4 janvier puis du dimanche 9 janvier l’ivresse de l’orage qu’il a apporté a tenu les Tananariviens éveillés. Et tout le monde s’est rendu à l’évidence le matin que la ville est devenue une île. Jamais de mémoire, il n’y avait autant d’eau ou plutôt si mais auparavant l’eau n’a manifesté aucun désir de rester. Elle est partie sitôt arrivée à puisque la ville n’a pas les infrastructures pour la garder. Ce qui n’est plus le cas actuellement.

Tout simplement parce que Ana est le diminutif de Anarchie dans laquelle la capitale, sa population et ses dirigeants se complaisent depuis plusieurs décennies. Ce n’est que quand un drame arrive que tout le monde se souvient que des règles ont été bafouées, qu’on n’a pas suivi les normes, qu’il fallait faire dans la légalité. Cette remise en question ne dure que le temps d’un drame.

Par la suite tout le monde oublie tout et retombe dans les mêmes errements. À preuve, une construction illicite s’est effondrée à Anosizato tuant quelques-uns de ses manœuvres. Tout le monde a levé le bouclier et on réclamait la démolition de l’édifice ainsi que la tête de son propriétaire. Hélas, cela n’a duré que le temps d’une colère et tout le monde a oublié. La construction n’a jamais été détruite et continue de boucher l’évacuation des eaux de pluie.

Et arrive le drame d’Ankadifotsy presque dans les mêmes circonstances. Un remblai sans permis pour servir de parking dont la batterie construite sans aucune norme s’écroule sur deux maisons. Résultat des courses, au moins six victimes innocentes tuées dans leur profond sommeil bercées par le ruissellement d’Ana sur le toit.

On se renvoie la responsabilité. Le propriétaire de la batterie n’est pas sur place. Mais même s’il était là, cela n’aurait pas changé grand chose. Dans tous les drames de ce genre, on n’a jamais entendu qu’une enquête a été ouverte, qu’il y eu procès et condamnation, qu’il y eu dédommagement des victimes. Tout se passe comme si tout est arrivé par hasard et que le hasard n’est évidemment pas un crime. C’est juste un homicide involontaire.

En revanche, toujours au nom de l’anarchie, il y a des gens qui sont allés tutoyer la mort. Ce sont ceux qui ont osé construire leur maison dans le même lit qu’Ikopa et Sisaony sur la route digue. Lors de sa construction il y a cinquante ans, il était interdit de construire sur la route digue. Maintenant c’est devenu une grande agglomération.

En d’autres termes, cela veut dire tout droit dans la gueule du loup. À preuve, ils ont tout perdu à cause de l’Anarchie. Ils ne peuvent que s’en mordre le doigt. Mais c’est juste le temps d’un cyclone. Le temps fera tout oublier. Les drames comme la discipline. Seule l’anarchie a une faculté étrange de faire les choses dans la durée. Ana est venu saler la note.

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