Accueil » Chronique » Divertissement abrutissement
Chronique

Divertissement abrutissement

Thalassa, «le magazine de la mer», a perdu son fondateur Georges Pernoud (1975-2017), mort le 15 janvier 2021 à 74 ans. Les clients de Canal+ ont déjà perdu plusieurs émissions ces dernières années: Voyage en décembre 2020, «La Maison France 5» en août 2020, Télé-Maison/Maison+ en mars 2015, etc.

Il y a une vingtaine d’années, pour échapper au désert culturel des chaînes locales, je me suis abonné à Canal+, pour suivre Arte, Discovery, Ushuaïa, Voyage, Thalassa, National Geographic, France 3 plutôt que TF1 ou France 2. Chaque suppression unilatérale dans le bouquet ne fut jamais accompagnée d’une alternative à qualité égale. Quand une chaîne documentaire laisse la place à 24/24 heures et 7/7 jours de prières en continu, la culture, la connaissance, la curiosité intellectuelle, sont les victimes de la bigoterie.

Sinon, la mode est à des téléréalités au voyeurisme institutionnalisé ou à des émissions dites de divertissement mais surtout d’abrutissement (TPMP, ONPC, etc.): débilités potaches qui, malheureusement, cartonnent. L’audimat a toujours été inversement proportionnel au quotient intellectuel minima.

J’ai retrouvé une précédente Chronique sur ce mode du mal en pis, «Sur Canal Moins» (Chronique VANF, 2 novembre 2015): «Canal+ a le toupet de nous présenter ses onze nouvelles chaînes comme un supplément de divertissement. Mais, comment s’amuser avec une chaîne de prédication chrétienne ou avec une autre de prosélytisme musulman? (…) fermer des chaînes thématiques pour se résigner entre une Gospel Music TV ou la chaîne musulmane francophone, entre la chaîne des séries africaines ou celle des novelas sud-américains. Quand on remplace une chaîne documentaire sur l’architecture par d’autres de louanges ou de bouffonneries, c’est comme nos salles de cinéma devenues des temples évangéliques ou cette bibliothèque transformée en réfectoire : c’est la Culture qu’on fout dehors».

J’ai toujours rêvé qu’on mette la curiosité intellectuelle et le désir de culture générale à la portée du plus grand nombre. Documentaire animalier, reportage sur les méga-structures, tourisme culturel. Un écran géant sur chaque place de marché. Inviter les gens à découvrir l’ailleurs, leur faire entrevoir cette autre chose dont les détournent les interminables soucis du quotidien. Pauvres d’Avoir, peut-être, mais un peu plus riches d’Être.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Voir aussi