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Ambatondrazaka – Le chef du fokontany et onze rebelles arrêtés

Le général Richard Ravalomanana (à d.) a réitéré que la tolérance zéro attend les auteurs de ce bain de sang.

Parmi les instigateurs de la désobéissance civile meurtrière du 20 janvier, à Ambatondrazaka, le chef du fokontany de Mandanivatsy, a été interpellé samedi. L’enquête bat son plein.

SOIXANTE-DOUZE heures après le massacre à Amparibolana, dans le district d’Ambatondrazaka, la gendarmerie a réalisé une dizaine d’arrestations. Une femme et onze hommes, dont le chef du fokontany de Mandanivatsy sont maintenant en garde-à-vue. Le groupement d’appui à la police judiciaire est saisi de l’enquête.

Ces personnes arrêtées figuraient parmi ceux qui ont incité le fokonolona à se déchaîner contre les agents forestiers et les gendarmes. « Nous avons déjà su l’implication du responsable du fokontany avant que nous ne nous soyons rendus sur place. Il avait manifestement un problème avec la lutte contre le défrichage », explique un officier supérieur du groupement de la gendarmerie d’Alaotra Mangoro.

La publication sur facebook des images couvrant les circonstances de l’acte sauvage a beaucoup aidé les enquêteurs à identifier les responsables. «Cependant, les Zazamena (ndlr : membres d’une association chargée de la protection du village) qui ont participé au lynchage sont toujours recherchés », indique le même interlocuteur gendarme.

Aucune tolérance

Tout a commencé le mardi 19 janvier. Sur réquisition de la direction régionale de l’Environnement et du développement durable, la gendarmerie a envoyé l’adjudant-chef Lahatra Rahajarison et un autre gendarme pour accompagner deux agents forestiers dans une mission de consta­tation des pillages de forêts à Mandanivatsy, dans la commune de Besakay.

À leur arrivée sur place, ils ont appréhendé deux des principaux suspects. Ils les ont emmenés dans la forêt pour observer les résultats de leur destruction. Puis, ils sont revenus au village où une foule armée et bouillonnante de colère les attendaient. Sans crier gare, les habitants ont réclamé la libération des captifs. Ce que les gendarmes et leurs collègues ont accepté, confrontés à une situation insurmontable.

C’est alors qu’un Zaza­-mena a frappé l’adjudant chef à coup de machette en pleine tête. Les autres l’ont ensuite tabassé et tué dès qu’il était à terre. Ils ont capturé et torturés ses collègues. L’intervention du maire a permis de sauver les autres de leurs griffes. Trois morts et quatre blessés ont toutefois été déplorés.

«Des mesures seront prises contre les auteurs de ce crime et il n’y aura aucune tolérance. Ceux qui ont répandu de fausses nouvelles et émis des critiques dénaturant les faits seront recherchés et arrêtés », communique le secrétariat d’État chargé de la Gendarmerie nationale.

De son côté, la Commis­sion nationale indépendante des droits de l’homme con­damne fermement ce bain de sang. « La loi garantit les droits de l’homme. Ceux-ci sont évidemment bafoués quand on ne la respecte pas », rappelle Seth Andriamarohasina, rapporteur de la CNIDH.

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