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Catastrophe naturelle – Le bilan des intempéries s’alourdit

L’eau n’est pas encore tarie dans plusieurs villages malgré l’arrêt des pluies.

Les victimes des fortes pluies au Nord-Ouest et sur les Hautes terres ont doublé. Les sinistrés dépassent les quatre vingt-dix mille, et plus de vingt personnes sont décédées.

Les corps sans vie des sept sur les vingt personnes emportées par l’eau à Bekipay, au début de la semaine, sont repêchés, hier et avant-hier. Avec ces découvertes macabres dans le district de Mitsinjo, région de Boeny, le nombre des personnes décédées suite aux impacts des intempéries, a doublé en l’espace d’une journée. Jeudi, le Bureau national de la Gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) a rapporté treize décès et dix-neuf personnes portées disparues. Le bilan des dégâts, établi hier soir, indique vingt six morts et quinze personnes portées disparues. Treize dans la région de Boeny, neuf à Betsiboka, trois à Alaotra Mangoro, et un à Sofia. La plupart ont trouvé la mort à cause des crues de rivière et des inondations dans plusieurs villages.

Les victimes des fortes pluies qui s’abattaient au Nord-Ouest et sur les Hautes terres, cette semaine, ne cessent d’augmenter. Plusieurs milliers de personnes n’ont pas d’abri dans plusieurs districts comme à Ambato Boeny, à Mahajamba, à Mitsinjo, à Maevatanàna, à Mampikony, à Ambatondrazaka, à Amparafaravola, à Tsaratanàna, à Mahajanga I et II, à Marovoay, à Ambanja, à Besalampy, au Port Bergé. Leurs habitations, au nombre de dix mille, se trouvent sous l’eau. Les sinistrés frôlent les cent mille. Le BNGRC rapporte quatre vingt-douze mille sinistrés. Ce chiffre pourra encore augmenter. L’eau n’est pas encore tarie dans plusieurs villages, bien que la zone dépressionnaire soit déjà sortie des côtes Est et n’apporte plus de pluies. Cette nuit, toutefois, des orages s’abattaient dans la ville de Mahajanga, selon le témoignage de quelques personnes.

Evacuation
Des centaines de personnes se trouvent toujours encerclées par l’eau et attendent leur évacuation, actuellement. C’est notamment le cas dans le district de Mitsinjo. À Ambato Boeny et à Mahajamba, le sauvetage des sinistrés se poursuit, nuit et jour. Des secouristes s’investissent corps et âme, au péril de leur vie, dans cette mission de sauvetage. « Un gendarme et un adjoint au maire sont partis évacuer des personnes avec un canot, dans la nuit du 23 janvier. Leur canot a percuté un arbre et s’est renversé. Ils n’ont été retrouvés que ce matin (ndlr : hier matin), sains et saufs », témoigne Jean Valérien Rakotonandrasana, maire de la commune urbaine d’Ambato Boeny.
Ces victimes d’inondations ne sont pas encore sorties d’affaire. Celles qui ont pu rejoindre les sites d’hébergement, font actuellement face à la malnutrition.

« Certaines familles n’ont pu rien apporter. Elles ne mangent pas à leur faim et on voit bien sur leur visage, qu’ils sont fatigués », enchaine Jean Valérien Rakotonandrasana. Les risques de maladie infectieuse, comme les diarrhées sont également élevés dans ces villages inondés.