Opposition subordonnée


Un véritable oiseau rare inexistant à Tsimbazaza. Eh oui, il semble que le chef de l'opposition est une espèce qui n'a jamais existé. Mais la Haute cour n'a pas pu trouver une pièce qui lui a plu dans la basse cour des contestataires. Elle a beau chercher dans les genres, les groupes, espèces, classes mais ses «considérant que» ont conclu que toutes espèces sont des vulgaires bâtards  indignes de figurer parmi les pensionnaires du parc. La seule espèce qui s'est officiellement présentée à Ambohidahy n'a pas rempli les conditions étant donné qu'il est le dernier des Mohicans dans son groupe au Parlement où les individus de son espèce ont mué en bleu avec la sécheresse pour prendre un nouveau plumage. Difficile dans ce cas de reconstruire son arbre généalogique pour prouver sa filiation. À Tsimbazaza, les opposants naturels refusent leur identité et préfèrent rester bâtards par hasard et bavards de profession de peur d'avoir des ennuis surtout ceux qui traînent des casseroles. Mieux vaut rester des gentils contestataires que devenir opposants constructifs. Le président de la fédération malgache de rugby en sait quelque chose. Pour avoir osé disqualifier un candidat visiblement soutenu par Ambohitsorohitra il s'est fait cueillir par des gendarmes. Du coup, depuis trois ans la place du chef de l'opposition reste vacante à Tsimbazaza malgré les indications de la Constitution. Il est vrai qu'au delà des partis vrais-faux opposants, les 99 % de la population, soit 22 999 000 sont de véritables opposants. On ne peut ne pas l'être quand on vit dix jours sur sept de délestage, un jour sur trente d'accès à l'eau boueuse, une corruption inénarrable dans toute l'administration, une insécurité omniprésente chez soi, dans la rue, dans le bus, à l'église, au bureau, dans la piscine, à l'hôpital, une inflation galopante à l'image de la flambée du prix du riz. Aucun discours, aucun «blanchiment» ne peut effacer ces réalités face auxquelles le gouvernement de ...coma n'a que des annonces et des promesses totalement irresponsables comme solutions. Les départements concernés par les conséquences désastreuses du délestage comme l'Énergie, l'Environnement, l'Eau, la Sécurité, la Défense, l'Éducation, la Santé, l'Économie, le Commerce... restent d'aucune utilité. Ministres, députés, sénateurs, maires, chefs de régions se préoccupent plutôt de l'élection présidentielle de...2019. Il y a de quoi étant donné que sur le papier c'est perdu d'avance. Il va ainsi falloir organiser une élection au suffrage universel pour désigner le président des opposants. On peut gager qu'il y aura un taux de participation record même si la HCC va disqualifier les candidats qui n'ont pas le faciès d'un opposant subordonné et que la CENI s'arrangera pour faire gagner le candidat de la ...majorité. Toutes les élections de quelle nature qu'elles soient ( journalistes, magistrats....) sont désormais phagocytées par l'État. À preuve, la HCC appelle le gouvernement de désigner le chef de l'opposition qui ne doit pas être forcément un député. Une aubaine pour l'Etat dont la tergiversation équivaut à un refus d'accorder cette faveur constitutionnelle à un empêcheur de tourner en rond. Il est clair que le Premier ministre ne s'évertuera pas à demander à Ambodivona, à Ampandrana ou à Soanierana de lui proposer des candidats. Il y a fort à parier qu'il prenne un nouveau général, faute de mieux, pour le poste. Pourquoi pas après tout à l'image du nouveau préfet de police de Tana qui est militaire alors que depuis l'antiquité c'est un poste réservé à un administrateur civil. Il faut bien caser cinquante nouveaux généraux. Tous les postes sont bons à prendre. Celui du chef de l'opposition n'est à plaindre avec les avantages d'un vice-président de l'Assemblée nationale outre la possibilité du business et de corruption. Ceci explique le fait qu'un vrai opposant ne le mérite pas. Le législateur qui a inventé cette ineptie n'a pas pensé visiblement à un projet de loi...structurant. Par Sylvain Ranjalahy
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