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Commerce illicite de tortues – Liberté provisoire dénoncée

Le mouvement Voahary Gasy s’insurge contre la décision de la justice d’accorder la liberté provisoire pour deux trafiquants, qu’ils jugent innoportune.

Rappel. D’après les informations communiquées par les entités de la société civile, membres du projet Application de la loi contre les abus sur les ressources à Madagascar (Alarm), hier, au siège de l’organisation Alliance Voahary Gasy, à Andrainarivo, suite à une interjection en appel, deux des six personnes condamnées par le Tribunal de
première instance d’Anta­nana­rivo (TPI), le 15 novembre, à une peine de prison de 10 à 30 mois et d’une amende collective de 200 millions d’ariary, ont bénéficié d’une liberté provisoire.
En réaction, les membres du projet Alarm ont déploré cette décision de la justice, et considèrent qu’elle ne correspond pas à l’engagement fait par les administrations publiques et judiciaires d’appliquer des peines exemplaires contre les trafiquants. Les entités de la société civile engagée dans la lutte contre les trafics des ressources naturelles ne contestent, cependant pas, la décision du tribunal. « Elles s’inquiètent juste du risque que cette décision crée un précédent et fasse tache d’huile. Ici elles jouent donc, leur rôle d’interpellation », explique un membre du projet Alarm.

Craintes
L’application de peines sévères entre, d’autant plus, dans le cadre d’une mesure de dissuasion contre les récidives ou les nouveaux trafiquants, celui de la lutte contre le commerce illicite des ressources naturelles. Devant la presse, hier, maître Tombotsoa Raharijaona, avocat du projet Alarm s’est, toutefois interrogé sur le fait que les deux individus ont pu bénéficier d’une liberté provisoire « alors qu’ils ont été pris en flagrant délit ».
Les deux personnes ayant eu gain de cause devant la Cour d’appel ont, en effet, fait partie d’un groupe de cinq individus arrêtés par la gendarmerie alors qu’ils étaient avec des valises contenant près de deux cent bébés astrochelys radiata, une espèce de tortues endémiques de Madagascar, le 22 septembre dernier. Cette arrestation fait suite à un coup de filet mis en place par les forces de l’ordre, en collaboration avec le projet Alarm.
L’autre raison de la conférence de presse d’hier, du reste, est que la société civile a fait part de sa crainte que les deux individus ayant bénéficié d’une liberté provisoire, prennent la poudre d’escampette et quittent Madagascar. « Ce sont des trafiquants internationaux, ils en ont les moyens », soutient une source avisée.

Garry Fabrice Ranaivoson

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