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Editorial

Geneaucide

Il a plu hier après plusieurs jours où on scrute le ciel dans l’espoir de voir dégouliner des larmes providentielles. Justement, comme il s’agit plutôt d’un acte humain que d’une réponse aux incantations des croyants, cette pluie n’est pas assez pour remettre à flot tous les fleuves, pour remplir tous les puits taris par le nombre important d’utilisateurs. Il faudra plusieurs millimètres de pluviométrie pour rétablir un tant soit peu la situation. Jusqu’ici aucune des solutions annoncées par la Jirama depuis plusieurs années n’a pas su résoudre cette pénurie chronique d’eau. Pire, des solutions sont annoncées avec un grand tam tam médiatique mais la situation devient de plus en plus grave. À chaque fois, on affirme que c’est la solution définitive aux problèmes d’eau, chaque fois c’est la désillusion et l’indignation. Les abonnés n’ont aucun recours possible même s’ils ont absolument le droit d’ester la Jirama en justice pour contrat non rempli.

Les coupures sont devenues plus longues mais aussi et surtout qu’elles gagnent davantage de communes. La Jirama a beau mettre des bonbonnes là où l’eau n’arrive plus, construire des stations de traitement satellite, rien ne change. Plusieurs localités ne sont plus approvisionnées en eau depuis plusieurs semaines. Un véritable geneaucide dans la mesure où tout le monde finira par crever, faute d’eau. On peut se passer de l’électricité dans un foyer mais aucune vie n’est possible sans eau. On se demande comment on pourra lutter contre une 3ème vague de coronavirus sans eau alors qu’on recommande à la population de laver les mains autant de fois que c’est possible.

Pourtant l’eau marche très bien devant l’hôtel de ville où le jet d’eau joue des pirouettes à titre de provocations des flâneurs et des badauds à la fois pensifs et outrés par un comportement « eaudacieux » à un moment où tout le monde boit la tasse sans la moindre goutte.

L’eau coule également à flot quand un tuyau vient à se casser sous le poids des mastodontes qui passent dessus alors qu’elle n’arrive jamais dans les robinets.

On ignore combien de jours va durer le calvaire des usagers de la Jirama. On se demande si la même solution miracle adoptée par l’État à Air Madagascar ne pourrait pas être transposée à la Jirama. Les deux sociétés sont rongées par le même mal. Alors pourquoi pas le même remède de cheval. Cela mettra fin à la souffrance des abonnés.

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