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Chronique

Merci, c’est la vie

L’impression de vivre un petit moment d’histoire. Les statistiques l’ont également compris qui recensent désormais les joueurs qui avaient pu battre successivement Nadal et Djokovic dans un même tournoi. Thiem et Medvedev, les deux finalistes du Masters 2020 l’ont fait. Ainsi que McEnroe, qui s’était offert les scalps de Connors et Borg au WCT de Dallas, en 1975. Une éternité.

Les aînés avaient sans doute pu connaître les joutes Borg-Connors. J’ai eu la chance de voir les (derniers) affrontements Connors-McEnroe ou McEnroe-Lendl (ah, cette unique finale de Big Mac à RolandGarros, perdue sur une volée égarée alors qu’il menait 2 sets à rien). Ainsi que des Edberg-Becker et des Agassi-Sampras. Vive la télévision, même pas encore satelli­taire !

Onze ans, une «raison mathématique»: entre McEnroe (1959) et Agassi (1970), entre Lendl (1960) et Sampras (1971), entre le duo Agassi/Sampras et Federer, entre Federer et Thiem. L’actuel «Big 3» appartient à une même génération : Federer 1981, Nadal 1986, Djokovic 1987. Leurs succes­seurs désignés sont d’une autre même fourchette d’âge: Thiem 1993, Medvedev 1996, Zverev 1997.

La succession «mathématique» aura été retardée par l’exceptionnelle longévité des «Trois inaccessibles étoiles» (cf. Chronique VANF 28 janvier 2019): «Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont, tous les trois, remporté au moins une fois les quatre tournois du Grand Chelem, quand Bjorn Borg a toujours échoué à l’US Open, ou que John McEnroe joue et gagne sauf à Roland Garros. Comme d’ailleurs Jimmy Connors. Et Ivan Lendl n’a jamais triomphé à Wimbledon». Ni Sampras jamais atteint la finale à Roland-Garros.

Sur 69 Grands Chelems mis en jeu depuis le premier ti tre de Federer à Wimbledon (2003), 57 auront été remportés par le «Big 3»: Federer (20), Nadal (20), Djokovic (17). Mais, après les trois finales de Grand Chelem perdues par Dominic Thiem, jusqu’à son premier US Open (2020), et la double élimination de Djokovic et Nadal en demi-finales des Masters (2020) par leurs dauphins immédiats, ça y est, nous y voilà, à cette charnière des généra­tions.

Voilà 30 ans, Sampras remportait son premier US Open. Onze ans plus tard, au terme d’une saison 2001 sans victoire, il vint s’y échouer en finale. Trentenaire, et déjà en pré-retraite, Sampras mit en point d’honneur à dire adieu au tennis en gagnant l’édition 2002, contre son plus grand rival, dans l’ultime des 34 Sampras-Agassi.

C’est pourtant Agassi qui réussira l’adieu le plus émouvant. C’était le 3 septem­bre 2006, après une défaite au 3ème tour de l’US Open. Le «Kid de Las Vegas», en pleurs, prononça un discours d’anthologie. Dans un silence de cathédrale inversement proportionnel à la folle ovation de l’instant d’avant (et après): «Le tableau d’affichage dit que j’ai perdu aujourd’hui mais ce qu’il ne dit pas, c’est ce que j’ai trouvé ces vingt-et-une dernières années. J’ai trouvé de la fidélité. Vous m’avez soutenu sur le court et dans la vie. J’ai trouvé de l’inspiration. Vous avez toujours souhaité ma réussite même dans les moments les plus durs. Et j’ai trouvé de la générosité. Vous m’avez aidé à atteindre mes rêves, rêves que je n’aurais jamais pu accomplir sans vous. Ces vingt-et-une dernières années, je vous ai trouvé et je vous garderai en mémoire pour le reste de ma vie. Merci».

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