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Emmanuel Macron : « Les Glorieuses, un territoire français »

En visite sur la Grande glorieuse, le Président français réaffirme la souveraineté française sur cette terre comprise parmi les îles éparses. Il a décidé d’en faire une réserve naturelle nationale.

Ce n’est pas qu’une plage, d’abord, c’est la France. Ce sont les mots d’Em­ma­nuel Macron, président de la République française, en conclusion d’une interview qu’il a donnée à la presse, durant une visite sur la Grande glorieuse, hier. Un bout de terre figurant dans la liste des îles éparses, dont l’appartenance est revendiquée par Madagascar.

Dans le cadre d’une tournée à Mayotte et la Réunion, le chef d’État français a fait une escapade d’environ deux heures sur la principale île de l’atoll des Glorieuses, hier. Une visite durant laquelle le locataire de l’Elysée a déclaré, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, « je suis aujourd’hui, sur les Glorieuses, un territoire français au milieu de cette région de l’océan Indien (…) ».

Sur sa lancée, Emmanuel Macron a annoncé qu’il a décidé de faire des Glorieuses « une réserve naturelle nationale ». À s’en tenir à l’interview qu’il a donnée sur place, « l’ensemble des îles éparses a vocation à être ainsi classé, également ». L’annonce de la visite du président français sur la Grande glorieuse a suscité plusieurs interrogations chez une partie de l’opi­nion publique, notamment, ceux qui militent pour les causes nationalistes.

Cogestion

Ses propos sans ambages, selon lequel les Glorieuses et plus largement, les îles éparses « sont françaises », a surpris plus d’un. Comme il a été indiqué à l’issue de la rencontre entre Andry Rajoelina, président de la République, et son homologue français, le 29 mai, « la gestion ou la restitution », des îles éparses devrait entre en cours de discussion au sein d’une « commission mixte ».

Une résolution des Nations Unies, en 1979, restituent les îles éparses à Madagascar. Elle enjoint les deux parties à engager les négociations pour procéder à leur « rétrocession ». Bien que l’option d’une « cogestion », soit envisagée, des juristes et diplomates malga­ches plaident pour que la résolution onusienne serve de base aux discussions au sein de la commission mixte.

À entendre ses propos d’hier, Emmanuel Macron semble, pourtant, avoir tranché de manière unilatérale sur le sujet. Le fait d’avoir décrété que les Glorieuses seront désormais « des réserves naturelles nationales », françaises, une décision qu’il compte élargir à l’ensemble des îles éparses, pourrait confirmer la posture de la France sur le dossier. Avec sa visite sur la Grande glorieuse, le président français a voulu démontrer sa volonté de s’engager dans la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité marine, notamment.

Alors que sa présence la Grande glorieuse a déjà incommodé certaines sensibilités nationalistes, les mots du locataire de l’Elysée renchérissent la portée diplomatique du scénario. Tout au long de son interview d’une vingtaine de minutes, ainsi que dans la déclaration publiée sur son compte Facebook personnel, le chef d’État français ne met aucun équivoque sur sa position quant à la souveraineté de la France sur les îles éparses.
« Quand on vous écoute, on se dit que la France n’est pas prête d’abandonner sa souveraineté sur les îles éparses qui est revendiquée par Madagascar », réagit une des journalistes qui a accompagné Emmanuel Macron sur la Grande glorieuse. « Je pense que la présence et la souveraineté française a permis de préserver, (…) d’éviter une exploitation prédatrice [de ces territoires] », a-t-il répliqué, entre autres.

Dans son interview, le président Macron a esquissé la ligne que la France devrait défendre au sein de la commission mixte. Selon ses dires, il compte « avoir un partenariat très étroit avec Madagascar pour l’engager pleinement dans l’agenda partagé en matière de biodiversité et de développement ». Rappelant ses mots durant la conférence conjointe avec Andry Rajoelina, en mai, le chef d’État a usé à quelques reprises du mot partenariat, hier.

À l’entendre, une restitution n’est pas dans ses plans. Il serait plus enclin à une cogestion d’une « réserve naturelle ». Une option déjà glissée par Emmanuel Macron, en mai, et chuchotée par des sources diplomatiques au lendemain de la visite d’État de Andry Rajoelina, à Paris. La position d’Iavoloha sur ce dossier qui devrait être bouclé avant le 26 juin 2020, est attendue.

2 commentaires

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  • Voilà un article professionnel avec un recoupement impartial et non fragmentaire . Le traitement de l’information retrouve ici sa lettre de noblesse . La France contrairement à certaines fausses interprétations ne décline pas un partenariat ou une cogestion peu importe le mot sur ces îles . La France a les moyens de rendre ces îles un petit archipel au centre de la protection de la biodiversité .Evidemment il y a le facteur géostratégique et les ressources marines supposées en gaz et en pétrole. L’ aboutissement d’un accord entre les deux pays n’est pas évident car il y a un fort relent d’opinion réactionnaire et colonialiste représenté par le parti d’extrême-droite de Marine Le Pen dans le paysage politique Français .Nos pseudo-nationalistes ne sont pas aussi du reste .Le discours d’Emmanuel Macron en présence de notre premier ministre a permis de déceler une disposition d’esprit incontestable dans sa vision de l’espace indo-océanique . Il a surtout évoqué un Hub de développement tenant compte des souverainetés des différents pays de l’Afrique du sud à l’Inde et qui vont peser à l’avenir 25% des potentialités économiques maritimes .J’ai la ferme conviction que l’actuel président Français n’appartient plus à la fameuse « Françafrique » maintenant il faut savoir jouer  » serré » dans les négociations .

  • Voilà pourquoi ma nièce a choisi de partir en NZ pour ses études….Marre de la France et de son attitude, ainsi que de sa politique migratoire. Il est normal que de plus en plus de Malgaches tournent le regard dans de spays bien plus attractifs aujourd’hui!!!

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