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Editorial Opinions

Suicid…air

Air Madagascar est-il devenue Air Suicide  À en juger le comportement du personnel, on est tenté d’y croire. Alors que la compagnie est loin d’être sortie de l’auberge malgré l’éclaircie générée par la sortie de l’annexe B, voilà qu’une partie du personnel conteste la création du Madagascar Group Handling, démembrement de la compagnie qui s’occupera dû handling. Une stratégie pour sauver quatre cents emplois et recaser le personnel mis sur la touche par un obligatoire écrémage du à un sureffectif de mille sept cents postes pour une flotte de sept avions. Un passage d’autant plus obligatoire qu’ à partir du moment où l’État a opté pour l’open sky, le monopole d’Air Madagascar dans l’opération de handling doit logiquement disparaître. C’est donc une décision déjà dans l’air depuis longtemps et qui n’a rien à voir avec la prétendue vente en pièces détachées de la compagnie nationale. La compagnie elle-même ne peut pas assumer ce rôle dans ce contexte sans être tentée par le favoritisme pour ses propres vols. Mais elle pouvait soumis­sionner à l’appel d’offres à travers une société tierce  C’est ce qu’elle a, d’ailleurs, fait avec MGH. D’autres sociétés ont été également retenues par l’Aviation Civile de Madagascar selon des critères précis.
Le développement de l’industrie du transport aérien contraint les responsables à suivre les tendances internationales. Certes, le handling rapporte 750.000 euros par mois à la compagnie, mais elle n’a qu’à se mettre au niveau de la concurrence pour rafler la plus grosse part du marché. Il est clair que les autres compagnies choisiront les prestataires qui offrent les meilleures qualités de  services. À ce propos, de même que concernant la qualité du service à bord ainsi que le traitement de ses passagers, Air Madagascar est loin d’être un modèle.
Aussi curieux que cela puisse paraître, le personnel révèle aujourd’hui les pertes subies par la compagnie si on lui détache le handling alors que l’année dernière, pendant un mois de grève, il crachait carrément sur cette opération, seule ressource de la compagnie,  dont la situation était dramatique, après l’arrêt des vols. Les autres compagnies qui ont continué à desservir Antana­narivo ont dû recourir au service d’autres prestataires dont le travail avait encore été perturbé par les grévistes nécessitant l’intervention des forces de l’ordre. C’est justement pour éviter ce genre de problème que l’aviation civile internationale recommande que le handling soit assuré par un prestataire autre que la compagnie nationale elle-même pour permettre au trafic de se poursuivre en toute sécurité.
Quoi qu’on dise, les issues pour sortir Air Madagascar de l’impasse ne sont guère nombreuses. Des sacrifices sont inévitables pour sauver ce qui peut encore l’être. Ce n’est, d’ailleurs, pas la mer à boire quand on sait qu’elle récupère d’une main ce qu’elle a perdu de l’autre. Un gilet de sauvetage, en somme, que certains confondent avec un vulgaire tablier de pâtissier. On n’a plus le droit de réclamer une cerise sur le gâteau quand la compagnie s’est fait rouler dans la farine à cause des zones de turbulences à répétitions qui ont compliqué sa situation.

Sylvain Ranjalahy

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