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Élection – Présidentielle controversée aux Maldives

Le président Abdulla Yameen a voté à Malé dans la matinée.

Les électeurs des Maldives ont voté dimanche pour une présidentielle controversée. L’opposition et les observateurs internationaux craignent qu’elle ne soit truquée.

À la tête de cette micro-nation d’un millier d’îles coralliennes pour plus de 340.000 habitants, le chef de l’État sortant mène une répression féroce de toute dissidence et semble avoir le champ libre pour obtenir un second mandat de cinq ans.
Les bureaux de vote ont fermé à 19H00 (14H00 GMT), trois heures plus tard que prévu, en raison d’une participation élevée parmi les 262.000 électeurs et de problèmes techniques ayant affecté les listes de vote électronique, ont expliqué des responsables du scrutin. Des files d’attente s’étaient formées devant les bureaux de vote dès le matin et de nombreux électeurs racontaient qu’ils avaient dû patienter de longues heures.
« Cela montre à quel point cette élection est importante pour les gens. Cela montre que quoi qu’il se passe, les Maldiviens croient toujours à la démocratie », a estimé Afrah Mohamed, un électeur de Malé, la capitale du pays.
Le président Yameen et son seul challenger Ibrahim Mohamed Solih, candidat de la coalition de l’opposition, ont chacun voté dimanche matin à Malé.

Résilience
«Il y a beaucoup d’enthousiasme. Les électeurs font la queue pour voter malgré le temps couvert», a décrit Shauna Aminath, militant du Parti démocratique maldivien (PDM, opposition). Si les Maldives évoquent lunes de miel et plages paradisiaques, la situation politique de ce pays d’une vingtaine d’atolls est autrement moins souriante.
La veille du vote, les forces de l’ordre ont mené un raid dans le quartier général de campagne du PDM à Malé et fouillé les locaux, selon la formation. La police a déclaré avoir agi pour prévenir «des activités illégales». Elle n’a procédé à aucune arrestation.
Les principales figures de l’opposition sont soit derrière les barreaux, soit forcées à l’exil comme l’ex-président Mohamed Nasheed. La société civile est muselée. Protestations et pressions de la communauté internationale n’y ont rien fait.
Figure de proue de la contestation, M. Nasheed – battu par M. Yameen en 2013 dans des circonstances controversées – a dû renoncer à la présidentielle en raison d’une condamnation judiciaire considérée par l’ONU comme ayant des motifs politiques.
En son absence, l’alliance de l’opposition s’est ralliée derrière M. Solih, un homme de 54 ans peu connu des électeurs et ignoré par des médias locaux craignant de s’attirer l’ire du pouvoir. Un groupe d’observateurs internationaux, qui s’est vu refuser l’accès au pays, a prévenu samedi que le scrutin ne serait pas «libre et équitable» et a prédit de «sombres événements». La plupart des journalistes étrangers cherchant à couvrir l’élection n’ont pas obtenu de visas. Seuls quelques uns, ces derniers jours seulement, ont réussi à en obtenir.
L’opposition a dénoncé ce blocage de la presse internationale et accusé le pouvoir de chercher à limiter «l’observation indépendante du vote et de probables tentatives du président Yameen de le voler».

© Afp

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