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Photographie – Dany Be, l’avant-garde du photojournalisme malgache

Un illustre personnage de la scène culturelle et surtout médiatique de la Grande île. Daniel Félix Rakotoseheno, dit Dany Be, se redécouvre à travers sa passion pour le photojournalisme.

Homme passionné, généreux et modeste, Daniel Felix Rakotoseheno dit Dany Be affiche constamment son amour intarissable pour le photojournalisme.
Homme passionné, généreux et modeste, Daniel Felix Rakotoseheno dit Dany Be affiche constamment son amour intarissable pour le photojournalisme.

Toujours aussi fougueux et énergique du haut de ses quatre-vingt et un printemps. Dany Be, ou Daniel Félix Rakotoseheno pour l’état civil est, actuellement, à l’honneur dans le cadre d’une exposition au Cercle germano-malagasy (CGM) Analakely intitulée « Ensemble pour le photojournalisme ».
De la proclamation de l’Indépendance en 1960, en passant par l’assassinat du colonel Richard Ratsimandrava, les chutes d’Albert Zafy et de Didier Ratsiraka, ainsi que la crise de 2009, ce sont plusieurs pages de l’Histoire de la nation que Dany Be raconte et dont quelques extraits sont à découvrir sur les lieux. Une véritable encyclopédie vivante, c’est tout un travail de mémoire que le journaliste photographe doyen illustre, fige et immortalise à travers ses clichés. Mettant en avant les vraies valeurs du photojournalisme, telles qu’elles le sont réellement, il promeut l’histoire de sa patrie, de même que la beauté de son peuple autant à travers des faits politiques, que sociaux ou culturels, voire insolites.

Quelques photos prises par Dany Be relatant  des pages de l'histoire  du pays.
Quelques photos prises par Dany Be relatant
des pages de l’histoire
du pays.

De par sa modestie légendaire et cette humilité qui lui est propre, Dany Be a su affirmer son statut de photojournaliste auprès de ses pairs, tout en valorisant les fondements même de son métier, ainsi beaucoup disent même de lui, qu’il est un véritable trésor national.
« Je ne dirais pas qu’actuellement le métier de photojournaliste ou de reporter d’images se trouve en disgrâce. J’estime tout simplement qu’il est étouffé dans l’engrenage et la hiérarchie des organes de presse. Ne se sentant plus indépendant, le photojournaliste se laisse guider par les directives de son supérieur et non plus par son instinct tel le chasseur qu’il est », affirme Dany Be en évoquant avec nostalgie cette passion qu’il a pour le photojournalisme.

Dany Be a fédéré les sommités du journalisme malgache à se joindre à lui, ainsi qu'un public de toutes les générations, à travers son exposition  « Ensemble pour le photojournalisme » au Cercle germano-malagasy Analakely.
Dany Be a fédéré les sommités du journalisme malgache à se joindre à lui, ainsi qu’un public de toutes les générations, à travers son exposition
« Ensemble pour le photojournalisme » au Cercle germano-malagasy Analakely.

Respectable et respectueux

« Conciliant photographie et journalisme, le photojournalisme, comme il est dénommé, ne consiste pas uniquement à illustrer un papier, il raconte aussi un événement. Ce que je présente ici, c’est un plaidoyer pour le photojournalisme, car c’est la photo qui donne à l’information sa véritable nature », précise Dany Be. « Mettre en lumière, pour la génération actuelle et à venir, les valeurs du photojournalisme, c’est là l’essence même de mes actions », ajoute-t-il, dans le cadre de son exposition au CGM Analakely.
Un rendez-vous auquel il a convié ses pairs, mais aussi les sommités des médias de la capitale qui ont vivement répondu présent en l’honneur de cette personnalité qu’est Dany Be, qui est ni plus ni moins que l’un des illustres avant-gardes du journalisme malgache. Il s’est toujours plu à pointer du doigt, essentiellement, les travers de la société à partir de son métier. Au fil des années, il est devenu de plus en plus contestataire dans ses clichés en noir et blanc, qui reflètent également son vécu. Loin de le rendre cynique, sa longue expérience de la vie l’a, au contraire, rendu chaleureux et généreux, le milieu du photojournalisme lui vouant une admiration et un respect sans bornes.

Dany Be avec sa mémoire d'éléphant, raconte les événements immortalisés par ses clichés.
Dany Be avec sa mémoire d’éléphant, raconte les événements immortalisés par ses clichés.

Un historien aguerri

Dans le domaine du journalisme, Dany Be n’écrit pas. Ceci étant, il relate et raconte l’histoire de son pays à travers ses photos. Une fois son vieux Nikormat en main, et son objectif aussitôt fixé et vissé, il fige dans le temps l’histoire elle-même, étoffant sa galerie de plus d’une centaine de milliers de pellicules qui relèveraient même du patrimoine médiatique de la Grande île à l’heure présente. Dany Be couvre ainsi les événements marquants du pays depuis plus de quatre décennies maintenant, autant la politique que l’économie. De même, les conflits armés ou autres événements sportifs sont tous passés sous le regard de Dany Be qu’il a immortalisés pour les générations qui se succèderont. Sa réputation a, depuis, dépassé les frontières de sa patrie, car de l’océan Indien à l’Afrique et l’Amérique Latine, d’Asie du Sud-Est à l’Europe, Dany Be s’est appliqué à perpétuer des pages de l’Histoire grâce à son appareil photo. Entre autres, trois Coupes du monde de football, un championnat du monde de basket-ball et les Jeux Olympiques au Mexique.

Textes : Andry Patrick Rakotondrazaka
Photos : Claude Rakotobe

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