Politique

Cop18 : L’exploitation de bois précieux en question

Les professionnels du secteur bois étouffent. Aucun changement par rapport à leur situation n’est en vue. Une mission à Genève auprès du commerce des espèces rares tente de renverser la balance.

Àrisque. Les espèces rares de la grande île sont au milieu des discussions à la dix-huitième conférence des parties à la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (COP18) qui se déroule présentement à Palexpo, Genève. Dans l’objectif d’assouplir les mesures de restriction une délégation composée par des responsables du ministère de l’Environnement plaide sur, à cette conférence, la cause des exploitants de bois précieux auprès de la convention.

«Le principal objectif de cette mission sera de lever la sanction concernant l’interdiction d’exploitation de bois précieux par nos opérateurs et en particulier les artisans locaux dont les activités dépendent presque totalement de la bonne gestion de cette filière précise » a annoncé Alexandre Georget ministre de l’Environnement et du développement durable (MEDD) au départ de la délégation. Ainsi, la COP18 s’apprête à adopter des décisions et des résolutions qui élargissent et renforcent le régime mondial du commerce des espèces sauvages de faune et de flore. Selon le rapport de la délégation, cinquante-six nouvelles propositions visant à modifier le degré de protection seront soumis par les gouvernements et beaucoup d’entre elles veulent instaurer l’obligation d’obtenir des permis de commerce.

Reprise

Une note « d’instruction portant assainissement des produits forestiers » remplacée par une autre note «d’instruction portant assainissement des bois précieux » reçue au mois de février, a stoppé net les activités d’exploitation de toutes entreprises, possédan t ou non de concession de terrain d’arbres. Il n’est donc pas possible de couper, de transporter, de faire circuler, d’exploiter, ni de procéder à de quelconques commerce de bois précieux depuis.

Les agréments et conventions d’exploitation et d’exportation, de même que les autorisations de coupe ont été suspendus par les directions régionales de l’Environnement et du développement durable, depuis le 29 janvier. Cependant, les résultats de ces opérations d’assainissement semblent venir encore de loin. Laissant pour compte les professionnels du secteur qui meurent à petit feu. « Nous serons bientôt obligés de fermer boutique. Notre stock est épuisé depuis longtemps, si la note ne se lève pas même pour les professionnels, le dépôt de bilan serait le mieux pour nous » explique un exploitant artisanal. Les opérateurs qui sont encore en possession de ce bois précieux sont appelés à déclarer leurs stocks afin que les autorités puissent décider des modalités de reprises des exploitations tout en plaidant leurs cause devant la CITES. L’application de la loi du 3 février 2016 plus connue sous l’appellation “Loi Beboarimisa” prévoit que les bois précieux saisis sont cédés par voie d’adjudication publique après décision de la cour spéciale. Une grande partie des recettes (50%) sera versée dans un compte de commerce «action en faveur de l’arbre» et surtout au profit des Collectivités Territoriales Décentralisées à hauteur de 25% pour financer les investissements sociaux, les projets de développement durable d’intérêt régionaux et communaux. Cependant, « Il est à noter que le conseil des Ministres du 14 août, rappelle qu’il est autorisée la coupe des bois autres que les bois précieux et ceux concernés par la CITES mais que les exploitants sont obligés de planter des arbres en compensation. » précise les membres de la délégation.

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