Naissance - Une loi contre les pères prodigues


Les mères célibataires en charge de leurs enfants nés de père inconnu sont en forte proportion. Un projet de loi est proposé pour tenter de modifier la situation. Marcel Eongombelo, sénateur élu dans la province de Toliara annonce l’élaboration très prochaine d’un projet de loi pour limiter les cas de naissances de père inconnu. Pour diverses raisons, des naissances sont enregistrées avec la mention « père inconnu », mais les enjeux sociaux et économiques sont négligés. « De nombreuses mères, jeunes e t moins jeunes se retrouvent seules pour élever leurs enfants car les pères disparaissent après avoir enfanté ou ne reconnaissent pas tout simplement leurs enfants une fois nés. Nous concoctons un projet de loi qui responsabilisera mieux les pères devant leurs progénitures » déclare le sénateur. C’était à l’ouverture de l’atelier sur la consolidation de la paix, organisé à Toliara le 20 juillet dernier, par l’EISA (Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique). « Avec cette loi, une fois qu’une mère indique qui est le père de son enfant, le nom de celui-ci doit apparaître sur la copie de naissance » poursuit Marcel Eongombelo. « Ces femmes vivent dans la précarité pour la plupart, limitées dans leur ressources et n’ont pas la possibilité de scolariser leurs enfants. Si ces derniers peuvent fréquenter l’école, ceux qui n’ont pas de père sont facilement exposés à diverses pressions » ajoute-t-il. Aucun chiffre sur les cas de monoparentalité féminine dans la région Atsimo Andrefana en particulier n’est disponible. Mais à Madagascar, les femmes deviennent mères à un très jeune âge, 32% des filles de 15 à 19 ans, selon l’UNFPA. Ménages sans parents Les très fortes proportions de naissances prémaritales sont relevées dans les provinces de Toliara, Antsiranana et Toamasina, d’après les analyses d’un document sur « Des ménages sans parents: Prévalence et différentiels régionaux à Madagascar », conçu par le Laboratoire Population Environnement Développement et l’Institut de Recherche et de Développement ( IRD ). 40% des « ménages sans parents », c’est-à-dire des ménages sans la composition classique du père et de la mère pour élever leurs enfants et construire une famille, sont dirigés par des femmes. Le niveau d’éducation, la démographie non équilibrée avec la capacité de production, le phénomène de pauvreté, la migration, la culture sont autant de raisons conduisant à cette monoparentalité et la non-reconnaissance d’enfants. « C’est justement l’objectif de l’atelier qui a vu la participation de soixante-dix-huit élus issus de quatorze communes et des représentants de la Société civile dans la région Atsimo Andrefana. Les hommes et les femmes de ces collectivités seront outillés pour œuvrer aux cotés des maires dans le projet « Talily Raike », un projet qui s’inscrit dans la recherche commune de solutions dans la résolution des conflits tout en renforçant le leadership des femmes dans le processus de prise de décision au niveau communautaire, au niveau local, en collaboration avec leurs pairs masculins » souligne l’EISA
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