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Transport aérien – Un remède miracle pour soigner Air Madagascar

Air  Madagascar  a  été happé par la  fausse-vraie location vente de deux Airbus par Air France.

Une page est désormais tournée dans l’histoire tumultueuse d’Air Madagascar. Le partenariat stratégique avec Air Austral, béni par le régime HVM, contesté tant par sa forme que sur son fond(s), a été abandonné. Il reste maintenant à trouver des solutions fiables et viables. Un hublot de secours. À un moment où les trafics aériens traversent une zone de turbulence à n’en plus finir.

Une triste tournure. Des perspectives incertaines. Un horizon assombri par un épais cumulonimbus. D’une compagnie aérienne pionnière et phare dans l’océan Indien dans les années 60, prospère à l’échelle continentale par la suite, Air Madagascar, en détresse respiratoire, se débat aujourd’hui pour sa survie.

Comme en témoigne, Rolland Ranjatoelina, un ancien cadre supérieur de la maison, une figure bien connue du secteur, et ex-ministre des Transports. « Cette situation apocalyptique actuelle est inimaginable quand on se réfère au passé éblouissant de cette compagnie nationale. Elle était une référence internationale de professionnalisme, d’un niveau très élevé de sécurité, d’une qualité de service plus qu’acceptable respectant strictement les standards internationaux. Pendant longtemps MD, le signalétique des vols d’Air Madagascar, a été le « FLAGCARRER » de l’océan indien. MD est à l’origine de la création d’Air Mauritius avec des avions initialement mis à disposition de MK. De même, MD a été le partenaire privilégié pour la création de la compagnie Air Réunion, ancêtre d’Air Austral. En 1990, Maître Popineau, notaire réunionnais, est venu nous consulter pour un partenariat dans la création de l’entreprise », déplore-t-il.

Rolland Ranjatoelina pointe du doigt l’Accord de partenariat stratégique conclu avec Air Austral, presque une « fille » d’Air Madagascar, comme la principale raison de la situation financière actuelle de l’ancienne fierté nationale. Cette alliance contre nature, scellée le 9 octobre 2017, a été rompue non sans laisser de lourdes séquelles. Selon lui, « l’apurement des dettes a été un préalable à la signature dudit contrat. L’État malgache, actionnaire principal, a déboursé pas moins de cent millions de dollars pour boucler ce dossier. Mais les points saillants du Business Plan qui en découlaient, n’ont jamais été respectés par Air Austral ».

Des doutes et des réserves

En contrepartie, la CNaPS qui a « mis à disposition » d’Air Austral » 15 millions de dollars, via Air Austral Invest, a récupéré ses précieux placements pour devenir actionnaire de la compagnie nationale aérienne après ce divorce à l’amiable. L’archétype du « fonds souverain » tant décrié ces derniers mois. Un dénouement prévisible et attendu. Étant donné que dès le départ, beaucoup parmi les spécialistes de l’aviation civile ont émis des doutes et des réserves sur la capacité financière et l’aptitude technique d’Air Austral à tirer vers le haut Air Madagascar.

Mais dans un passé pas si lointain, des difficultés de gestion ont été soulevées. En 2002, Air Madagascar, mis sous contrat de gestion avec Lufthansa Consulting, a déjà connu ses premiers déboires financiers. Cette approche avec la firme allemande a été, selon Rolland Ranjatoelina, un manque de confiance envers les compétences nationales. Alors qu’avec son équipage, en étant Président du Conseil d’administration, l’ancien cadre supérieur a pu redresser la situation petit à petit.

Par la suite, Air Madagascar a été happé par la fausse vraie location vente de deux Airbus par Air France. Deux tas de ferrailles dépassés par le progrès technologique, budgétivores pour leur entretien, et consommant plus de kérosène que les autres appareils neufs pour les mêmes trajets. Un imbroglio juridico-financier tranché dans le vif par le Tribunal de commerce en faveur d’Air France. La compagnie Air Madagascar, déjà à bout de souffle, a été condamnée à payer cent millions de dollars d’amendes. Des recours ont été engagés pour échapper à ce véritable coup de massue. Un sujet supplémentaire qui fâche, à part les îles Eparses, entre la France et Madagascar.

L’ancien porte-étendard de l’économie nationale a besoin d’un « Plan Marshall » qui lui est spécifique, taillé à sa mesure, afin d’espérer reprendre son envol. Son cas déjà délicat a été aggravé par la crise sanitaire, ayant cloué au sol les trafics aériens.

À titre de comparaison, qui n’a jamais été raison, Air France a obtenu du gouvernement français quatre milliards d’euros d’aides financières. Et trois autres alloués par des banques associées, sous forme de prêt à taux concessionnels. Même assise sur ce matelas des plus confortables, Air France doit encore laisser sur le tarmac six milliers de ses employés.

Il est peu probable que l’État malagasy, son actionnaire principal, ait une telle enveloppe consistante pour sauver « le joyau de la famille » d’un inévitable dépôt de bilan. Quand bien même, il ait accepté de payer les salaires des employés. Malgré sa situation plus que critique. Et ce serait bien dommage qu’Air Madagascar ne profite pas des nouvelles installations des aéroports d’Ivato et de Nosy-Be, deux sites intimement liés à son histoire de la belle époque.

Et la privatisation dans le sens de la cession des actifs de l’État étant exclue, inacceptable pour les employés et inopportune car les actions d’Air Madagascar, dans sa situation actuelle, valent moins qu’un fétu de paille, personne ne va déclencher une OPA, Offre publique d’achat, pour une reprise à la volée.

Aussi, par orgueil personnel et par son attachement indéfectible à Air Madagascar, Rolland Ranjatoelina propose-t-il une piste d’atterrissage ou de décollage à explorer. Un aéroport de dégagement. Pour ne citer que la renégociation du « Special Prorate Agreement », SPA, pour rendre plus compétitifs les tarifs d’Air Madagascar. Ou encore l’adhésion ou l’affiliation, à terme, avec des groupements internationaux comme Sky Team et autres.

Acteur majeur du développement du tourisme, Air Madagascar ne peut être mis de côté des actions à venir. En premier lieu, la nomination d’un directeur général pour remplacer Besoa Razafimaharo, écœuré par ce qu’il a enduré, devient une priorité absolue. Il s’est éjecté par-delà le cockpit. Avant qu’une décision du conseil des ministres ne s’occupe de son cas.

Rolland Ranjatoelina, ex-ministre des transports pointe du doigt l’Accord de partenariat stratégique conclu avec Air Austral.

1 commentaire

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  • MD fleuron de l’aviation OI…….c »est pas hier mais bien il y a près 1 siècle …….
    Faire neuf avec du vieux , cela s’appelle de la renovation mais reste du vieux !!!

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