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Editorial

À pendre ou à lyncher?

Il est d’Ahmad le président de la Caf comme il est d’Ahmad Ahmad le ministre de la Santé publique. Les deux sont originaires de Mahajanga et ont une ascendance comorienne. En quelque sorte ils sont nos Dupont-Dupond. Tous les deux n’attirent pas la sympathie avec une personnalité tranchée, un verbe haut et un franc-parler abrasif. Bref tout le caractère que le socialement correct, réduit aux circonvolutions, aux politesses surfaites n’apprécie pas. Ce sont également des hommes d’action plutôt que d’exécution. Ahmad le président de la Caf a été sans conteste le président de la FMF qui a le plus fait pour le football en termes d’infrastructures et de formation mais les résultats l’ont boudé et il ne trouvait guère grâce auprès des footeux. Sa volonté de développer le foot s’est heurtée à la tetice des dirigeants politiques. La Can, dont on lui doit le tournoi à vingt-quatre équipes, va lui donner une revanche avec le parcours fabuleux des Barea dont il est le parrain. Qu’on le veuille ou nom, Ahmad a beaucoup apporté au foot en termes d’ouverture internationale et de sponsoring.

Son homonyme de la Santé semble emprunter le même parcours. Mis au second plan dans la lutte contre la covid-19, il s’est montré coupable d’une demande d’appui aux partenaires internationaux. Une correspondance violee par les réseaux sociaux. Membre du comité exécutif de l’Organisation de la Santé pour l’Afrique, il est certainement dans le secret des Dieux pour anticiper la situation dans les prochains mois et se préparer au pire. L’OMS avait prédit au début de l’épidémie que deux millions de Malgaches seraient touchés par le coronavirus. Des propos jugés insultants a un moment où le nombre de cas se comptait avec les doigts de la main. Les faits semblent donner aujourd’hui raison à l’OMS où le nombre de nouveaux cas grimpe par grappe de centaine au quotidien.

Prédire une situation catastrophique et chercher tous les moyens, quitte à quémander dans le monde entier, pour l’endiguer serait-il un crime? On peut pinailler sur la démarche, la procédure et surtout la fuite de la lettre qui a fini entre les mains voraces des abonnés des réseaux sociaux, il n’y a rien de condamnable dans la requête dont l’objectif est d’essayer d’avoir à disposition les équipements et le matériel suffisant pour faire face au drame. En bon médecin assermenté Ahmad Ahmad ne fait que porter assistance à une population en danger.

Le gouvernement conteste le manque et l’insuffisance des équipements mais les faits sur terrain, les revendications des médecins et des paramédicaux attestent de la réalité de la situation.

Quel sort sera alors réservé à Ahmad Ahmad après son coup de tête qui n’a pas plu au gouvernement? La guillotine ou la pendaison? Pour le moment il reste à sa place mais on ne sait jusqu’à quand.

Le gouvernement s’est bien gardé d’attirer les projecteurs vers lui alors que tout le monde était aux aguets. Il laissera peut- être passer l’orage qui emportera avec lui toutes les brebis galeuses avant de prendre des dispositions appropriées. Gouverner c’est tout voir.

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